Varroa est le seul genre de la famille des Varroidae. Cet acarien, parasite les abeilles, fait partie des causes possibles ou favorisantes du syndrome d’effondrement des colonies d’abeilles domestiques  (en anglais, « Colony Collapse Disorder » : CCD).

abeille, avec varroa sur son dos, entre ses deux ailes

Varroa destructor est une espèce d’acariens parasites de l’abeille adulte ainsi que des larves et des nymphes. Il est originaire de l’Asie du Sud-Est, où il vit aux dépens de l’abeille asiatique Apis cerana qui résiste à ses attaques, contrairement à l’abeille domestique européenne Apis mellifera. Ce parasite provoque des pertes économiques importantes en apiculture et il est une des causes de la diminution du nombre d’abeilles et la première cause de mortalité des colonies d’apis mellifera.

Ayant colonisé quasiment toutes les zones où Apis mellifera est présente, la varroose est désormais un problème d’ordre mondial.

Les abeilles étant génératrices de produits de consommation humaine, l’usage le traitements médicamenteux n’est pas à prendre à la légère.


varroa-limites-des-traitements
varroa-limites-des-traitements


Dépistage de la varroose

Jusqu’à présent, il a été impossible d’éradiquer le varroa. Aussi, l’apiculteur a appris à «cohabiter» avec ce parasite. Bien entendu, une colonie d’abeilles peut survivre à une faible population de varroas. Il incombe donc à l’apiculteur de veiller à ce que le nombre de varroas ne surpasse pas le seuil de tolérance des abeilles.

Une méthode de dépistage simplifiée consiste à placer un papier enduit d’un corps graisseux à la base de la ruche. Après deux ou trois jours, on compte le nombre de varroas retrouvés sur le papier. Pour chaque varroa mort, on évalue entre 100 et 150 le nombre de varroas présents dans la ruche. Généralement, une colonie peut rester saine avec 2500 acariens. Ce test peut également se faire en imbibant la feuille d’acide formique. On peut aussi utiliser un testeur de varroa spécialement conçu pour cela.

Après, si une intervention est nécessaire, il est préférable d’opérer au début de l’été ou juste après la récolte. Les traitements peuvent en effet porter préjudice à la qualité du miel.

Des moyens physiques pour lutter contre les varroas

Cycle reproductif du Varroa destructor

Ces méthodes consistent à attirer les acariens sur un seul cadre de la ruche, de retirer le cadre en question et de le détruire. Pour cela, les apiculteurs mettent en place un cadre avec des cellules de faux-bourdons, le choix de prédilection des femelles varroas pour la ponte.

Lorsque les cellules sont operculées, l’apiculteur retirera le cadre et le détruira. Pour attirer les acariens sur un cadre en particulier, il est possible d’utiliser un attractif à vaporiser sur un cadre non-operculé. Mis au point en laboratoire, ce produit n’est cependant pas facile à utiliser. Selon une étude russe, la destruction du premier cadre à la reprise de la ponte permet d’enlever une grande partie des varroas présents.

L’utilisation de la chaleur contre les varroas est également une piste exploitée à travers le monde: Comme les acariens ne résistent pas à la chaleur, le défi consiste à trouver la bonne température pour éliminer les varroas sans pour autant tuer les abeilles.

Les traitements médicamenteux pour lutter contre la varroase

Les abeilles étant génératrices de produits de consommation humaine, l’usage de traitements médicamenteux n’est pas à prendre à la légère. L’apiculteur se doit donc de respecter à la lettre les doses, les modes d’application et les autres recommandations au médicament qu’il compte utiliser.

L’acide formique est couramment utilisé, car les acariens meurent à son contact. Le produit est à manipuler avec soin d’autant plus qu’il est possible que 5% des reines meurent lors du traitement. D’autres produits à base de tau-Fluvalinate, d’amitraze ou encore de thymol peuvent être administrés. Toutefois, pour éviter que les acariens ne développent une résistance à un produit, il est conseillé d’alterner les types de traitements. Comme il est possible de retrouver des traces de ces produits dans le miel, il vaut mieux ne les utiliser que lorsque c’est nécessaire en tenant compte du cycle des abeilles.


Soigner-colonies-gerer-varroa-bio
Soigner-colonies-gerer-varroa-bio

Quoi faire pour protéger ses abeilles ?

cycle, phase de phorésie et phase de reproduction du varroa

Un traitement anti-varroa est indispensable chaque année, après la dernière récolte de miel, au mois d’aout et parfois en décembre. Le plan de lutte régional contre la varroose est élaboré en fonction de la circulation du parasite. C’est un plan de lutte collectif, il doit être suivi par tous les apiculteurs pour être efficace.

Le traitement de “fin d’été” doit être réalisé par tous les apiculteurs, tous les ans.

Juste après la dernière récolte de miel, le plus tôt possible (aout, début septembre) ; avec un médicament autorisé pour l’usage dans les ruches, c’est-à-dire ayant obtenu une AMM pour l’espèce Abeille (voir encadré) afin de garantir la sécurité de la colonie, de l’apiculteur et du consommateur de miel.

La population de varroa est forte en fin de saison apicole. La maladie peut apparaître d’un coup et compromettre le succès de l’hivernage. Traiter après le 15 septembre c’est faire prendre un risque de mortalité hivernale aux colonies.

Le traitement d’hiver est réalisé à l’acide oxalique, une seule fois par an, hors couvain

  • Il est obligatoire en cas d’utilisation d’ APILIFE VAR, THYMOVAR et APIGUARD en traitement d’été,
  • Il est facultatif en cas d’utilisation d’APIVAR mais peut être conseillé si l’infestation est trop forte (d’après les mesures de terrain faites par votre GDSA).

COMMENT PARTICIPER AU PLAN DE LUTTE ?

Le plan varroa est porté par les Groupements de Défense Sanitaire Apicoles (GDSA). Pour y participer vous devez adhérer au GDSA de votre département.

Vous bénéficiez alors :

  • du Programme Sanitaire d’Elevage qui vous permet d’obtenir les traitements anti-varroa, sous la surveillance du vétérinaire du groupement
  • d’une aide du conseil départemental pour l’achat des traitements
  • de conseils sur la lutte contre le varroa ; de rappels aux dates de traitements
  • de formations sur l’application des traitements
  • de conseils sur la lutte contre les autres maladies de l’abeille et les intoxications d’origine environnementale.

LE VARROA avec Joseph Létondal, Docteur Vétérinaire


Traitement à l’acide oxalique

cycle de reproduction du varroa destructor

C’est décembre, en fin de mois après une période conséquente de froid, le couvain étant absent, pour ceux qui en sont partisans, il sera temps de faire un traitement par dégouttement à l’acide oxalique une fois les fêtes passées.

Le mode d’emploi de l’acide oxalique est tiré du site “http://www.apivet.eu/” site de vétérinaires apiculteurs. Je vous en recommande la lecture régulière.

Les indications ci-dessous sont impératives. L’Acide oxalique est classé substance vénéneuse, il ne peut être utilisé sans l’accord du vétérinaire. Pour vous procurer l’acide oxalique de nature officinale, la seule forme autorisée en apiculture, adressez vous au vétérinaire de votre GDSA qui vous indiquera la marche à suivre.

C’est un traitement très efficace en absence de couvain, mais qui a comme inconvénient d’attaquer la chitine des abeilles, leur carrosserie en quelque sorte. La porosité de leur enveloppe permet aux bactéries et virus d’y pénétrer plus aisément, ce qui a peu d’importance pour les abeilles destinées à disparaitre en fin d’hiver, par contre c’est plus dommageable pour la reine qui peut en mourir prématurément.

Enfin un rappel de plus, nourrir en décembre n’empêchera pas de nourrir en janvier avec du candi protéiné ! Les années où certaines colonies n’ont pas amassé suffisamment ou nous leur avons pris trop tardivement leurs réserves de miel, ou encore elles ont rentré du pollen, beaucoup de pollen, mais peu de nectar, trop peu.


FICHE TECHNIQUE :
Traitement de la varroose: Emploi de l’acide oxalique

IMPORTANT: L’utilisation de ce médicament ne peut se faire que par un vétérinaire ayant auparavant examiné les ruches et dans les conditions de prescriptions légales.

1 – OBJET

L’acide oxalique (AO) est un acide organique d’origine végétale que l’on retrouve naturellement dans quelques aliments végétaux (oseille, betterave) y compris certains miels (forêt, châtaignier). Cette Fiche Technique a pour objectif de définir les règles d’utilisation de l’AO en tant que moyen de lutte contre la varroase (lutte alternative). L’AO peut être utilisé à l’état anhydre ou dihydraté, c’est une substance vénéneuse classée « très toxique ».

Il se présente sous la forme d’une poudre blanche relativement soluble dans l’eau. Dans cette fiche seule l’utilisation de l’AO dihydraté par la méthode du « dégouttement » sera décrite, car seule cette dernière a fait l’objet d’une étude par l’Agence européenne du médicament qui l’a classé en annexe II des LMR (résidus non préoccupants pour le consommateur de miel des ruches traitées selon cette méthode).

ATTENTION : L’acide oxalique est une substance chimique dangereuse pour l’Homme. Avant de mettre le protocole en application, lisez attentivement le paragraphe « PRECAUTIONS »

2 – REGLEMENTATION

Eléments de réglementation de la pharmacie vétérinaire :

Depuis 2004 cette substance est désormais inscrite en Annexe II des LMR (règlement CEE n°2377/90). Cela signifie pour les experts que les résidus éventuels dans les produits de la ruche suite à un traitement de la varroase, conforme à l’usage, sont sans risques pour le consommateur. Malgré cela, l’AO reste inscrit sur la liste des substances vénéneuses.
De ce fait, il ne peut être utilisé en dehors du champ d’application du médicament vétérinaire, comme le thymol par exemple. Aucun médicament vétérinaire disposant d’une autorisation de mise sur le marché (AMM) ne contient cette substance ; reste donc la possibilité d’une prescription vétérinaire extemporanée (hors AMM) selon la règle de la cascade.

Pour la délivrance de l’AO et la mise en œuvre du traitement de la varroase, l’ordonnance est obligatoire. Cette dernière doit être conservée dans le registre d’élevage.

Deux cas sont à distinguer pour la prescription de cette substance :

  • Apiculteur conventionnel : des produits de traitement de la varroase disposant d’une AMM existent. La Commission des AMM vétérinaires n’a pas conclu pour l’instant au manque d’efficacité des dits produits. Donc, selon le Ministère de l’Agriculture (DGAL) la prescription hors AMM de l’AO est impossible ! (La Commission de pharmacovigilance risque d’avoir à statuer sur le cas des produits AMM puisque un certain nombre de déclarations dénonçant leur manque d’efficacité lui sont parvenues). La décision de prescription hors AMM appartient au vétérinaire traitant. Ce dernier, au vu de résultats d’efficacité insuffisants des produits disposant de l’AMM, aura toute latitude pour prescrire l’emploi d’une solution médicamenteuse à base d’AO et ce, sous sa seule responsabilité.
  • Apiculteur bio ( règlement CEE n°1804/1999) : le cahier des charges bio interdit l’emploi de substances de synthèse (amitraz, tau-fluvalinate, etc.), donc dans ce cas le Vétérinaire peut prescrire l’AO selon la règle de la cascade. (Apiguard, titulaire d’une AMM, peut être utilisé en apiculture biologique.)

3 – QUI PEUT DÉLIVRER L’ACIDE OXALIQUE ?

Les pharmaciens ou vétérinaires peuvent fournir des produits avec un indice de pureté garanti. Ex : Acide Oxalique dihydraté 250 g chez COOPER place Lucien Auvert 77020 MELUN cedex tel 0164872000, disponible en pharmacie sur présentation d’une ordonnance (prix environ 12 €).

4 – QUAND UTILISER L’ACIDE OXALIQUE

Le traitement avec l’AO n’est pas anodin pour les abeilles. Il doit être appliqué une seule fois dans l’année au cours de la période sans ou avec le minimum de couvain (généralement en novembre et décembre).

Deux types d’utilisations sont possibles :

  • Pour le contrôle d’efficacité d’un traitement anti-varroa pratiqué avec produit de traitement disposant de l’AMM. On appliquera le traitement décrit ci-dessous sur 10% ou 20 % des ruches dans le but de compter les varroas résiduels.
    Pour une vision représentative de l’infestation, on comptera les varroas à partir du 3ème jour de l’application puis tous les 2 jours jusqu’à ce que l’on ne trouve plus de varroa sur le lange préalablement graissé introduit dans la ruche

(voir le protocole de contrôle d’efficacité des produits AMM varroase).

  • Pour un traitement complémentaire qui s’inscrit dans la prophylaxie, soit que le résultat du comptage décrit ci-dessus est inacceptable (plus de 50 varroas morts recueillis justifiant la généralisation du traitement), soit que l’apiculteur ait choisi ce type de traitement pour une application entrant dans la méthode dite de la lutte intégrée (Apiguard, autres produits dits naturels), soit pour le traitement des essaims naturels, artificiels et nus avant le huitième jour d’enruchement.

5 – Mode d’action – Efficacité

Elle est estimée entre 95% et 98 % en absence de couvain. Il semble d’après certaines études que les solutions d’AO agissent par leur acidité (pH voisin de 0,9). Il est établi que l’AO traverse la cuticule des insectes et des acariens par voie topique et se retrouve dans les tissus de l’abeille quelques heures après l’administration. Cependant, son mécanisme d’action reste à découvrir.

Mais, en présence de couvain on assiste à une chute importante de l’efficacité (< 50 %). Cela limite l’emploi de l’AO aux régions où il y a des arrêts de couvain. Ce traitement revêt un grand intérêt en tant que traitement complémentaire (après thymol, Apiguard ND par exemple).

Résidus / Persistance :

  • Miel : il contient naturellement de l’AO (châtaignier, forêt). Il n’y a pas de résidus dangereux dans les conditions « normales » d’emploi.
  • Cire : l’AO n’est pas soluble dans les graisses. Il n’y a donc pas de résidus à craindre dans les cires.

Gêne et Toxicité pour les colonies

Certains auteurs ont signalé des affaiblissements de colonies au printemps, mais à quels dosages ont-ils travaillé ? Ont-ils renouvelé les applications ? De toutes façons, il ne convient pas de renouveler les applications. Il semblerait qu’une même abeille supporte difficilement une deuxième application.

6 – PRECAUTIONS

L’AO dihydraté peut être TRÈS DANGEREUX pour l’Homme. Si on avait la possibilité de l’absorber, ce qui est peu probable du fait qu’il s’agit d’un acide puissant, donc irritant, quelques grammes pourraient tuer une personne adulte.

Par ailleurs les lésions qui peuvent se produire avec l’AO sont immédiates et s’aggravent progressivement.

IL S’AGIT DONC D’UNE SUBSTANCE DANGEREUSE QUI DOIT ETRE UTILISÉE AVEC PRÉCAUTIONS.

Quelques précautions à respecter :

  • Préserver soigneusement l’étiquetage sur le récipient, reporter l’étiquetage sur le nouvel emballage si on est amené à le fractionner, par exemple avec un collègue apiculteur,
  • Reporter l’étiquetage sur la solution (sirop + AO),
  • Eviter de stocker la solution et si cela est nécessaire la stocker au frais (entre 0°C et 5°C), en dehors de la lumière et du réfrigérateur familial. Veiller à ce que les récipients soient hermétiquement fermés,
  • Ne jamais mélanger l’AO avec un produit autre que du sirop 50/50,
  • Veiller à ce que les enfants et les animaux n’aient accès ni au produit commercial ni à la solution,
  • Ne jamais rejeter, ni l’AO, ni la solution dans les eaux de rivière, dans les égouts ou dans la nature. Il est donc important d’en préparer autant que de besoin,

Pendant la préparation de la solution et son application au rucher :

  • Porter des lunettes étanches intégrales (modèle anti-acide),
  • Porter des gants étanches du type Nitrile (ex Ultranitril 492 chez MAPA Professionnel). Ne jamais porter des gants en cuir ou en tissu qui sont perméables,
  • Porter des vêtements étanches (anti-acide, ciré de pêcheur ou autre). Le pantalon doit couvrir les bottes et non l’inverse,
  • Placer à portée de main une réserve d’eau suffisante pour se rincer et un dispositif rince oeil,
  • Effectuer le mélange, AO/sirop à l’extérieur dos au vent ou mieux en portant un masque anti-poussière type P2 ou P3 car il faut éviter de respirer les poussières d’AO,

– En cas de projection sur le corps ou les yeux, enlever immédiatement les vêtements éclaboussés, rincer immédiatement à grande eau la zone contaminée et consulter un médecin, – En cas d’inhalation, aérer la personne et appeler les services d’urgence tel 18 (pompiers), 15 (SAMU), 112 (à partir d’un portable), – En cas d’ingestion, ne pas faire vomir et appeler immédiatement les services d’urgence.

7 – MODALITES D’EMPLOI

– Préparation du matériel (Le matériel ci-dessous sera adapté en fonction du nombre de ruches à traiter) – 1 kg de sucre cristallisé ou en poudre, du commerce,

  • 10 litres d’eau (préparation du sirop et réserve de sécurité),
  • 1 bouteille plastique de 1,5 litre (bouteille de jus de fruit en plastique rigide), Reporter les inscriptions de l’étiquette du contenant de l’AO sur la bouteille,
  • 1 mesure en plastique ou en verre,
  • 1 glacière,
  • 1 seringue de 50 cm3 ou 60 cm3 neuve avec un piston bien lubrifié (huile ou graisse silicone),
  • 1 tube plastique adaptable sur l’embout de la seringue,
  • 1 boite d’AO dihydraté ,
  • Les outils habituels utilisés au rucher.

Préparation de la solution d’AO : (dosage : 40 g d’AO dihydraté par litre de sirop)

  • Préparer le sirop 50/50 avec de l’eau chaude à 60°C environ et le laisser refroidir jusqu’à 30°C,
  • Mettre 1 litre de sirop dans la bouteille plastique,
  • Préparer dans la mesure, 40 grammes d’AO. Il est souhaitable d’étalonner préalablement cette mesure en pesant l’AO avec une balance sensible,
  • Verser lentement les 40 grammes d’AO mesurés dans le sirop tiède contenu dans la bouteille plastique, visser le bouchon et agiter modérément.

Attention: l’agitation peut créer une surpression dans la bouteille. Il faudra ouvrir très lentement le bouchon pour ne pas engendrer la projection du mélange ou des vapeurs chargées d’AO hors de la bouteille.

  • Le mélange est ainsi prêt à l’emploi. La bouteille hermétiquement fermée sera placée dans la glacière préalablement remplie d’eau tiède à 30°C, ceci afin de conserver le mélange à cette température lors du transport et de l’utilisation. En cas de refroidissement du mélange, l’AO ne reste plus dissout et cristallise (perte de l’efficacité).

– Application du traitement au rucher

  • Ouvrir la ruche par une journée ensoleillée et une température extérieure supérieure à 5°C, (10°C à 12°C étant préférable).
  • Repérer les intervalles de cadres occupés par les abeilles,
  • Puiser dans la bouteille la quantité de mélange sirop/AO nécessaire (5 cm3 ou 5 ml par intervalle occupé par les abeilles). Utiliser pour cela la seringue, équipée du tube plastique,
  • Dégoutter lentement le mélange sur les abeilles à raison de 5 cm3 par intervalle entre 2 cadres occupés par les abeilles.
  • Refermer la ruche.

Rangement des outils A la fin de l’intervention :

  • Rincer le matériel en contact avec le mélange sirop/AO, la seringue, le tube plastique et le ranger dans un endroit réservé à cet usage,
  • Stocker le surplus de mélange à une température de 5°C. Contrôler que l’étiquette est présente sur la bouteille. Stocker le mélange en dehors de la portée des enfants, des animaux et des aliments.
    Si vous ne pouvez pas stocker le mélange dans les conditions prévues, le faire détruire en déposant la bouteille avec son identification au stand chimique de votre déchèterie. Ne jamais verser ni le mélange ni l’AO dihydraté à l’égout ou sur le sol.
  • Stocker l’AO dihydraté en respectant les conditions préconisées par le fabricant.

Jean-Marie Barbançon, DMV (GDSA26) et Denis Monod (GDSA13)


différents traitements contre varroa
différents traitements contre varroa

Traitement varroa par fumigation

Traitement par une brume d’acide oxalique des abeilles d’hiver par températures extérieurs d’environ 5 °C, avec précaution et perturbation minimal de la grappe hivernale. L’acide oxalique qui recouvre les abeilles et les cadres d’un film très fin de cristaux d’acide oxalique. Ces fins cristaux sont très bien tolérée par les abeilles, mais ont une action létale sur le varroa.

Plus d’informations sur le site: www.biovet.ch


acide oxalique
acide oxalique

Le comptage des varroas…

Pourquoi compter les varroas?

A quoi sert le comptage des varroas ?

  • à estimer le niveau d’infestation afin d’optimiser le moment d’un traitement (comptage avant traitement)
  • à contrôler l’efficacité du traitement (comptage après traitement)
  • à comparer les mesures entre différentes colonies; est-ce que les résultats varient en fonction de la race d’abeilles, de l’âge de la reine, de la force de la colonie, etc.

Rappel sur l’impact du varroa sur les abeilles; action pathogène du Varroa destructor sur les abeilles:

  • Irritation
  • Sur le poids (10 à 18%) et sur l’espérance de vie,
  • Spoliatrice,
  • Sur les défenses immunitaires,
  • Sur la taille des glandes hypo pharyngiennes,
  • Mutilante,
  • Sur les faux-bourdons

Quand effectuer les comptages.

La recommandation générale du GDSA, indépendamment du type de traitement anti-varroa appliqué:

  • Idéalement il faudrait faire un comptage mensuel, ce qui est impératif en élevage biologique. Mais pour le moins pendant la période critique où le dépistage est essentiel : début août.

Le traitement au VarroMed peut-être fait à n’importe quelle période. Il est alors conseillé de suivre régulièrement le niveau d’infestation des ruches pour décider de l’application d’un traitement dès qu’un certain seuil est atteint.

Conseils d’utilisation du VarroMed

Au minimum:

  • faire un comptage après le traitement de printemps au VarroMed pour estimer l’infestation résiduelle
  • faire un comptage en début d’été pour déclencher le traitement d’été et décider du nombre d’applications du VarroMed (3 ou 5); faire un comptage après traitement
  • faire un comptage à l’automne pour contrôler le niveau du varroa

Recommandation: faire un comptage par mois environ, sur la période de mars à septembre, permet d’avoir un bon suivi de l’état de la ruche vis à vis du varroa, de détecter rapidement le dépassement d’un seuil d’infestation préjudiciable pour la ruche et de décider de l’application du traitement adapté. Faire un comptage de contrôle avant l’hiver.

Comment compter les varroas.

Plusieurs types de comptages du taux d’infestation sont possibles:

  • comptage des varroas phorétiques (qui sont « sur le dos » des abeilles).
  • comptage des varroas dans le couvain operculé; mesures dans le couvain mâle
  • comptage des chutes de varroas sur langes graissés

Le comptage des chutes de varroas sur langes peut-être fait tout au long de l’année, ce qui n’est pas le cas des deux autres méthodes. Par ailleurs, ce comptage est le moins intrusif vis à vis de l’essaim et il est très facile à mettre en oeuvre. Si cette solution peut parfois donner des résultats moins précis que les autres, elle nous paraît la mieux adaptée à « l’apiculture de loisirs ».

Compte tenu du nombre de ruches possédées en moyenne par membre d’Asapistra (moins de 6, et beaucoup de membres ont 3 ruches ou moins), il est recommandé d’effectuer le comptage sur toutes vos ruches.

Si vous possédez un grand nombre de ruches, il faut contrôler au moins 10% de votre parc.

Pour en savoir plus sur les différentes techniques de comptage :  MÉTHODES D’ÉVALUATION DE L’INFESTATION PAR VARROA DESTRUCTOR


Comptage de la chute naturelle des varroas sur langes graissés.

L’objectif est d’estimer le nombre de varroas qui « tombent » quotidiennement.

Pour donner un ordre de grandeur, 1 varroa « tombé » par jour = 100 varroas dans la ruche. C’est juste un ordre de grandeur, car le nombre varroas qui « tombent » par rapport au nombre total réel de varroas dépend de plusieurs facteurs (voir plus bas).

Pratiquement toutes les ruches utilisées aujourd’hui sont munies d’un fond grillagé qui laisse tomber sur le sol les déchets de la ruche (dont les varroas). Un plancher amovible est fourni qui permet de les recueillir. Sur le plancher amovible de la ruche on place un papier, un carton ou un plastique enduit de graisse (pour que les varroas s’y collent). On insère le plancher sous le fond grillagé. Le dispositif est en place.

Pendant combien de temps faut-il laisser le plancher sous la ruche? Il y a des avis différents, et on peut trouver des recommandations qui vont de 3 jours à un mois…

Laisser le plancher pendant 7 jours semble une bonne mesure. Évidemment, quand le plancher est installé, la circulation d’air dans la ruche est réduite. Quand il fait très chaud, la ruche est moins ventilée naturellement, c’est donc plus de travail pour les abeilles. Quand il fait plus froid et humide, l’humidité au sein de la ruche a plus de mal à se résorber et demande éventuellement plus de travail aux abeilles. Dans ces conditions, laisser le plancher pendant une trop longue période ne nous semble pas souhaitable.

A l’autre extrême, pour avoir une mesure qui ait un sens avec un échantillonnage pertinent, il faudrait laisser le plancher au minimum 3 jours, voire 5 jours.

Au choix de l’apiculteur:

  • 3 jours pour une mesure rapide, quand il fait très chaud ou très humide
  • 5 jours quand il fait moyennement chaud ou humide
  • 7 jours pour une mesure plus fiable

Comptage des varroas.

On retire le plancher amovible et avec de bons yeux (une loupe peut aider pour les premières fois afin de bien distinguer les varroas des autres déchets) on compte le nombre de varroas tombés. On divise le nombre de varroas par le nombre de jours pendant lequel le plancher a été installé sous la ruche, et on obtient le fameux nombre de varroas « tombés » par jour.

Interprétation du nombre de varroas « tombés » par jour, les seuils qui déterminent le niveau de l’infestation:

Quels sont les paramètres qui ont une influence sur le rapport entre le nombre de varroas « tombés » et le nombre total de varroas dans la ruche?

Tout d’abord, la taille du fond grillagé. Certaines ruches ont un fond grillagé qui ne couvre pas la totalité de la surface du fond de la ruche. Dans ce cas, si par exemple seulement 2/3 de la surface  du fond est grillagé, il faudrait multiplier le nombre de varroas mesurés par 1,5. Si on ne fait pas de correction, on risque de sous-estimer le nombre de varroas “tombés”.

Le comptage des varroas tombés ne concerne pas ceux qui sont dans le couvain, mais seulement ceux sur les abeilles (phorétiques). Quand il y a beaucoup de couvain, on risque de sous estimer le nombre total de varroas.

Le taux de chute des varroas dépend également de la saison. En hiver, la chute est plus lente. On risque de sous estimer le nombre total de varroas là aussi.

Il faut donc interpréter les résultats avec discernement en fonction du moment où est réalisé le comptage (saison, état physiologique ou sanitaire de la ruche). Dans les périodes où le couvain est moins important (automne – hiver) le comptage par chute naturelle est plus représentatif donc plus fiable du niveau d’infestation de la colonie. La fréquence des chutes de varroas est variable en fonction de la saison : en hivers lorsque la grappe est plus serrée, la chute des parasites est plus lente.

L’interprétation des résultats.

On peut en rester à l’ordre de grandeur 1 varroa tombé = 100 varroas dans la ruche.

L’analyse, pour chaque ruche, de l’évolution du nombre de varroas « tombés » dans le temps est presque plus importante que l’estimation du nombre total de varroas dans la ruche. Elle permet de suivre ce qui se passe, d’anticiper le dépassement de seuils indiqués plus haut, de décider des traitements à appliquer et de vérifier l’effet de ces traitements.

Illustrations:

  1. une feuille de papier (avec un quadrillage, c’est plus facile pour compter) est collée sur le plancher.
  2. la feuille est enduite (graisse, huile, etc.).
  3. le plancher est introduit dans la ruche.
  4. après retrait du plancher, le comptage.

VarroMed

Le suivi du niveau d’infestation de la ruche est nécessaire pour une utilisation optimale du VarroMed.

L’utilisation du VarroMed pour la lutte contre le varroa est associée à un suivi régulier de l’infestation des ruches afin de décider, à tout moment, d’effectuer un traitement si le taux de varroa dépasse le seuil tolérable. Voir le billet sur le VarroMed

Avec le VarroMed, il est conseillé de procéder à 3 traitements au cours de l’année :

  • printemps
  • été-automne
  • hiver

Les dates et le nombre de traitements, en particulier dans la période été-automne sont conditionnés par les résultats du comptage des varroas.

point négatif : le flacon, de 555ml, ne se garderait qu’un seul mois (au frais) après son ouverture.

  1. Mode d'Emploi VarroMed
  2. VarromedGuideAsapistra1902
  3. VarromedGuideAsapistra1902
  4. Télécharger : Mode d'Emploi VarroMed
  5. Conseils d’utilisation du VarroMed

Réaliser son “VarroMed”, soi-même

(traitement testé depuis 4 ans et plus de perte de colonie à cause du varroa)

  • 500gr de sucre
  • 40gr acide oxalique
  • 5gr acide formique
    • 1 goutte huile essentielle lavande
    • 1 goutte huile essentielle cannelle
    • 1 goutte huile essentielle gaultérie
    • 1 goutte huile essentielle laurier

amener à 1l avec de l’eau de pluie et bien mélanger

  • ajouter 30 goutte de propolis à 70°

Soigner par dégouttement dans les ruelles des ruches à raison de 60ml pour 1 ruche Dadant 10 : 3 fois sur 14 jours (comme Varomed)
Jours 0 – 7 – 14


Lutter contre le Varroa par encagement des Reines (sans blocage de ponte, mais par entrave).

  •  Le principe de base de cette méthode est l’encagement de la reine pendant 24 jours dans une cage d’isolement qui laisse l’accès aux ouvrières.
  •  La reine continue sa ponte dans la cage pendant les 24 jours sans interruption, mais le couvain avorte, la cage n’ étant pas assez haute pour que les abeilles étirent les cellules.
  • Au bout de 24 jours, la reine est libérée, et un traitement à l’acide oxalique par dégouttement est appliqué à la colonie. Comme il n’y a plus de couvain, tous les varroas sont sur les abeilles (varroas phorétiques) et l’efficacité du traitement est maximum.
  • 4 jours après on fait un second traitement à l’A.O. qui a pour but de tuer les varroas qui ont échappé au premier traitement, avant qu’ils se réfugient sous les larves dans la bouillie larvaire. (La reine a recommencé sa ponte dés sa libération et les premières larves sont déjà nées).

L’ avantage de cette méthode est de maintenir la ponte de la reine sans interruption, elle ne maigrit donc pas et ne risque pas de s’envoler à sa libération (reines non clippées) comme ça peut arriver avec d’autres cages où elle n’a pas la possibilité de pondre.

Cette méthode doit s’appliquer en l’absence de rentrées de nectar, sinon les abeilles vont remplir le corps de la ruche et la ponte de la reine sera bloquée à sa libération. Dans nos secteurs du Haut Bugey, il faut encager les reines dés la fin des miellées de début d’été, autour du 15/20 juillet, pour pouvoir libérer les reines avant fin août et les miellées d’automne, (verge d’or, renoué, puis lierre).

Dés la libération de la reine la ponte est importante et les populations qui vont naitre sont des abeilles qui vont permettre un hivernage satisfaisant à la colonie.

encagement_des_reines-3
encagement_des_reines-3

Thymol

Le thymol est un composé naturel que l’on trouve dans le thym et dans certains miels comme le miel du tilleul. L’action du thymol contre varroa est déjà connue ainsi que son incidence favorable sur l’hygiène et la santé de la colonie.

protocole d’extraction du thymol

Extraire du thymol et l’obtenir à l’état solide (cristal) a partir de l’huile essentielle de thym ou de tilleul,

L’extraction du thymol s’effectue en traitant l’huile avec une solution chaude d’hydroxyde de sodium: cet alcali dissout le thymol, et lors de la dilution avec de l’eau chaude l’huile non dissoute (terpènes, etc.) remonte à la surface. Le composé de thymol alcalin est décomposé par traitement avec de l’acide chlorhydrique et cristallisation subséquente de la couche huileuse en gros cristaux prismatiques obliques. Le thymol ( méthyl-propyl-phénol ) a été préparé par synthèse.

Lorsqu’il est traité avec de la potasse caustique et de l’iode, il produit de l’iodo-thymol, communément appelé «Aristol».

Le camphre de Thym a été remarqué pour la première fois par Neumann, apothicaire à la Cour de Berlin en 1725. Il a été appelé Thymol et soigneusement examiné en 1853 par Lallemand et recommandé à la place du phénol (acide carbolique) en 1868 par Bouilhon, apothicaire et Paquet, MD, de Lille.

Le thymol est un antiseptique puissant à usage interne et externe; il est également utilisé comme déodorant et anesthésique local. Il est largement utilisé pour soigner la gaze et la laine pour les pansements chirurgicaux. Il ressemble à l’acide carbolique dans son action, mais est moins irritant pour les plaies, tandis que son action germicide est plus importante. Il est donc préférable comme pansement et au cours des dernières années a été l’un des antiseptiques les plus utilisés.

des pistes ici:

  • http://www.chemicalland21.com/lifescience/phar/THYMOL.htm
  • https://www.botanical.com/botanical/mgmh/t/thygar16.html
  • http://tpe.aromatherapie.free.fr/Extraction%20de%20l’essence%20de%20thym.html

Liens:

  • https://fr.wikipedia.org/wiki/Varroa_destructor
  • www.produire-bio.fr/
  • http://www.apivet.eu/
  • https://vercruyce-apiculture.skyrock.com/3127266783-Traitement-hivernal-des-ruches-a-l-acide-oxalique-Video-d-un.html
  • http://blog.exometeofraiture.net/blog/2017/08/07/varroa-fumigation-oxalique-scalvini-varomor/
  • http://www.apiwiki.eu/
  • http://www.apiservices.pro/index.html
  • www.biovet.ch
  • http://presse.inra.fr/Communiques-de-presse/Varroa-destructor-le-parasite-capable-de-mimer-chimiquement-deux-especes-d-abeilles
  • https://www.rustica.fr/articles-jardin/apiculture-maladies-menaces-plus-courantes-abeille,3097.html
  • comptage varroas
  • http://gdsa83.fr/fiche-technique-lutte-contre-varroa/
  • http://www.apiculture-haut-bugey.com/?p=4544
  • abeilles_resistantes_varroa_solution_avenir
  • https://varroa.fr/le-parasite/cycle-biologique/

 

One response to “Varroa Jacobsoni”

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.