L’abeille, insecte hyménoptère de la famille des apidés, est apparue sur Terre il y a plusieurs dizaines de millions d’années, mais l’Homme n’exploite les produits issus de la ruche que depuis le Néolithique.

Au Néolithique, le miel constituait la seule source de sucre de l’alimentation humaine, tandis que la cire entrait comme composant dans la colle utilisée pour la fabrication des outils et des armes, et servait à étanchéifier les récipients en céramique.

à l’instar d’une habitation, un rucher ne s’implante pas n’importe où.

…Et aujourd’hui, pourquoi installer un rucher ?

Nécessaire à la pollinisation des fleurs, les abeilles constituent un maillon essentiel de la chaîne qui contribue à maintenir l’équilibre des écosystèmes. Elles jouent un rôle primordial dans les diverses phases de la vie de nombreuses espèces végétales et animales. Si les abeilles disparaissaient, une multitude de plantes ne pourrait plus se reproduire, se raréfieraient et s’éteindrait. La disparition des abeilles aurait de graves répercussions, puisque  leur absence engendrerait la perte de nombreuses espèces animales dont l’Homme se nourrit.

Qui dit verger, parcs & jardin, culture population, flore naturelle dit pollinisation… et donc “Abeilles”.
L’idée d’implanter un rucher venant renforcer l’équilibre de cet écosystème tombe sous le sens: Favoriser la présence d’abeilles pollinisatrices, vitales pour la production fruitière, maraîchère, voire forestière ; elles viennent tester la biodiversité et c’est aussi donner une chance supplémentaire vers une transition locale de l’économie.

Là où l’abeille peut vivre toute l’année sans subir famine et disette, là se trouve la biodiversité florale. L’abeille est la clef de voûte d’une biodiversité maîtrisée et pérenne.

La biodiversité disparaît à la campagne…

Ces dernières années, certains jugent que le bonheur des abeilles n’est plus dans le pré, mais en ville ! Depuis le milieu du XXème siècle, les populations de pollinisateurs déclinent dramatiquement… La destruction des milieux naturels par la monoculture et l’urbanisation, ainsi que le changement climatique accélèrent le phénomène, la production apicole est en constante baisse au grand dam de l’Union Nationale de l’Apiculture Française (UNAF)… La production mondiale naturelle de miel est en constante baisse sauf à Cuba qui n’utilise plus d’intrants chimique depuis la chute de l’union soviétique, son principale et unique fournisseur.

La biodiversité est présente en ville

Toutefois nous constatons que les abeilles en ville et notamment à Paris se portent plutôt bien.

« Comment expliquer que les abeilles se portent si bien en milieu urbain, alors qu’elles sont si mal à la campagne, censée être leur habitat naturel ? », pointe Dominique Céna, apiculteur et secrétaire général adjoint de l’UNAF. Plusieurs explications : certaines collectivités ont adopté une politique d’entretien naturel de leurs espaces verts depuis des années, favorable à la biodiversité. Depuis janvier 2017, toutes ont interdiction de pulvériser des produits chimiques dans l’espace public. Pour participer à la préservation de ces précieux insectes, plusieurs programmes ont cours partout en France, y compris en ville. L’association Agir pour l’Environnement a lancé la campagne : « Zones de BZZZ », pour inviter le public à semer des graines de fleurs nectarifères et pollinifères. Balcons, jardins, pieds d’immeuble deviennent ainsi des terres d’accueil pour les butineurs. « Plus de 3000 sachets de graines ont été commandés via la campagne de crowdfunding Ulule, un véritable succès ! », se réjouit Antoine Lagneau, chargé de mission pour l’association.

Dans la nature, comment les abeilles choisissent-elles leur lieu d’installation ?

Dans la nature, les abeilles s’installent de préférence dans des troncs d’arbres creux, dans de vieux chênes tordus, voire dans des ruines, dans les aspérités naturelles rocheuses, ou encore derrière des volets clos… L’environnement proche a été soigneusement étudié par les éclaireuses préalablement à l’installation de l’essaim.

Généralement, cette ruche naturelle est perchée à plus de 2,5 mètres du sol, son entrée est orientée à l’opposé des vents dominants. Le volume recherché, par les abeilles prospectrices, doit pouvoir accueillir la colonie au plus fort de l’été ainsi que les réserves de miel pour l’hiver. Soit un volume d’environ, une soixantaine de litres nécessaires à l’installation d’une colonie.

La ruche naturelle doit pouvoir procurer de la fraîcheur afin de ne pas exposer la cire à de trop hautes températures qui la feraient fondre. Quand la température monte dans la ruche, les butineuses se doivent d’aller chercher de l’eau qu’elles rapportent pour la ventiler dans la ruche: L’évaporation de l’eau entraîne une baisse de la température à l’intérieur de la ruche.

Comment faire en sorte que les abeilles se sentent comme chez elles ?

Un petit coin tranquille et abrité…

rucher abrité

L’abeille ayant besoin de tranquillité, une ruche sera donc éloignée des passages fréquentés, à l’abri des intempéries et des endroits humides. L’entrée sera orientée à l’opposé des vents dominants et humides porteurs de pluie. La ruche ne doit pas être dirigée vers un passage important et régulier, car une collision lors de l’envol d’une abeille serait interprétée comme une agression… pour la même raison on n’aborde jamais une ruche de face, on l’aborde sur ses cotés.

  • Eté : L’emplacement de la ruche n’est ni trop exposé au rayons directes du soleil aux heures chaudes, qui obligeraient les abeilles à mobiliser leurs butineuses pour aller chercher de l’eau, au détriment d’autres ressources mellifères, en outre les cires seraient mises à rudes épreuves.
  • Hiver : avant d’installer une ruche, l’observation du terrain est indispensable. Éviter les zones où l’herbe ne dégèle qu’en milieu de journée, trop à l’ombre, la colonie n’aura pas le temps de profiter d’une température positive et consommera plus de réserve pour maintenir la ruche à température.

Assurer l’environnement optimal pour l’emplacement des colonies

Plutôt installée au fond du jardin, d’un verger, en lisière de forêt, la ruche ne doit pas être abandonnée aux ronces et herbes folles. Débroussailler les abords du rucher autour de chaque ruche, en tenue apicole. L’apiculteur qui visite sa ruche doit avoir les mouvements libres et un sol dégagé pour éviter les accidents.

  • Un sol de pierres plates ou de graviers, une chape, facilite les tâches d’entretien et permet un travail plus aisé dans la ruche.

Protéger les ruches des conditions climatiques et de leurs aléas

Éviter les zones humides et maîtriser l’humidité “dans” la ruche :

  • incliner la ruche vers l’avant ou préférer installer un plancher grillagé (ou partiellement grillagé) ;
  • isoler les ruches du sol ;
  • éviter les pneus usagés comme support qui constituent des réserves d’eau favorisant certaines maladies ;
  • protéger les ruches contre les risques d’inondation en évitant les zones à risque (fond de vallon, bord de rivière, zone inondable …). Se renseigner en mairie sur l’existence d’un plan de prévention des risques d’inondation.
  • Penser à édifier un rucher-chalet, un abri ad hoc, bien orienté, mettant les colonies à l’abri des vents dominant, des précipitations et de l’ensoleillement estival et des frimas hivernaux, des congères, etc.

Protéger les ruches du vent :

  • installer les ruches à l’abri des vents dominants en bordure de haie ou en contrebas d’un relief naturel ;
  • si besoin maintenir le toit de la ruche par une pierre, ou un système d’attaches (sangles).

Préférer une orientation de l’entrée vers le soleil levant.

  • Optimiser la disposition des ruches,
  • Disposer les ruches de façon à limiter la dérive des abeilles pour éviter la dissémination des agents pathogènes et un déséquilibre de populations:

Dans la nature, les colonies ne s’installent pas côtes à côtes.

  • disposition en courbe, en carré avec les entrées orientées différemment,
  • utilisation de repères naturels ou artificiels colorés ;
  • Privilégier un ombrage protégeant des grosses chaleurs d’été mais restant ensoleillé en hiver (par exemple en lisière de bois) et prévoir un toit isolant.

De l’eau à proximité…

rucher en transhumance

Dans le rucher, la présence d’eau est indispensable!

Avant même d’installer une ruche il faut penser à installer de l’eau dans le jardin.

Dans la ruche, nous l’avons vu, l’eau sert à de multiples fins : indispensable aux individus, matures comme immatures, elle permet aussi aux abeilles de climatiser le nid pendant les fortes chaleurs. Comme elle n’est pratiquement pas emmagasinée dans la ruche, elle doit être apportée de l’extérieur au fur et à mesure des besoins, tâche qui incombe aux porteuses d’eau, ces butineuses particulières qui travaillent même en conditions précaires.

Les distillats d’eau de pluie, de purin et d’urine et le purin dilué lui-même, l’emportent largement sur l’eau distillée. Les solution salines de sel de cuisine et de chlorure d’ammonium sont aussi préférées, à condition d’être très diluées. Tous les autres sels sont soit moins appréciés que l’eau pure, soit franchement rejetés. Mais la question subsiste : pourquoi ?

Ce n’est que très récemment que des scientifiques ont remis la question à l’ordre du jour, et sous un angle intéressant. Selon certains entre eux (Bonoan et al, 2016), il faut envisager la question dans le contexte du régime alimentaire global de l’abeille. Nous savons tous que celle-ci a besoin de sucres (comme nutriment mais aussi comme combustible pour le vol et la production de chaleur) et de protéines (pour construire et faire fonctionner son organisme). On oublie trop souvent que l’abeille a aussi besoin de sels minéraux. Chez elle tout comme chez nous, le calcium joue un rôle dans la contraction musculaire ; ce même calcium et le magnésium font partie d’une foule d’enzymes indispensables au fonctionnement de l’organisme ; le sel de cuisine, ou plus exactement ses deux ions, le sodium et le chlorure, jouent un rôle clé dans la transmission de l’influx nerveux, et il en va de même du potassium ; ces mêmes ions permettent le maintien de l’équilibre des fluides dans les organismes animaux.

Or, si le pollen est généralement riche en potassium et en oligo-éléments tel le cuivre, le fer, le zinc et l manganèse, il est aussi, le plus souvent relativement pauvre en calcium et en magnésium, et surtout en sodium (Orzaez-Villanueva et al., 2001 ; Kostié et al., 2015).

Pour signaler un point d’eau à vos colonies mettez une cuillère de miel à proximité, vos colonies découvriront rapidement le point d’eau et y reviendront.

Une fois repéré, cet abreuvoir fera oublier tous les autres point d’eau…

  • Une ruche consomme environ 50 litres d’eau par saison.

Éviter la promiscuité des ruches entre elles…

  • Assurer une bonne circulation entre les ruches pour faciliter le travail et le chargement.
  • Éviter les risques et les conflits
  • Éviter les zones à risque de contamination par les métaux lourds : proximité d’industries « polluantes », autoroutes ;
  • Éviter également les zones pouvant entraîner des conflits : proximité d’industries manipulant des produits sucrés (raffinerie, confiserie…), lotissement avec des piscines.

Astuce : Consulter une carte de la zone

  • Consulter la base de données BASOL qui recense les sites et sols pollués par commune http://basol.developpement-durable.gouv.fr/.
  • Consulter la base de données BASIAS qui inventorie les sites industriels abandonnés ou non, susceptibles d’engendrer une pollution de
    l’environnement :

    • http://basias.brgm.fr/.

il n’est pas naturel d’installer 10 ruches dans un terrain de 50 m2 ! En cas de concentration trop importante, les colonies plus fortes iront piller les colonies plus faibles en fin de saison. Et une ruche malade contaminera toutes les ruches voisines.

La répartition dans l’espace a ses raisons d’être, mère nature fait bien les choses.

Des plantes mellifères pour la période de disette…

À moins d’habiter en plein milieu d’un désert agricole de mono cultures, il n’est pas indispensable d’avoir des plantes mellifères directement autour des ruches. L’abeille va chercher du nectar, du pollen, de la résine, du miellat, jusqu’à trois kilomètres à la ronde et trouvera, de mai à septembre, quantité de spots à butiner.

A contrario, il est important de prévoir des plantes pour la période de disette allant de novembre à mars.

Selon la nature du terrain, la région d’habitation et l’altitude, voici un exemple de plantes à installer dans votre jardin pour répondre à ce besoin :

  • un mimosa pour les premiers jours de l’année,
  • un saule et un noisetier pour les premiers pollens,
  • des lauriers-tins pour l’arrière-saison,
  • des mahonias pour l’hiver,
  • de la bruyère, du chèvre-feuille, de la fausse roquette, des giroflées jaunes, de l’ajonc d’Europe, un arbousier
  • Et laisser pousser les pissenlits et pâquerettes vivaces… tout en laissant le lierre grimper sur le mur d’à côté.
  • Un peuplier fournira une propolis de couleur rouge, du reste très prisée en pharmacie.

Leurs prédateurs principaux…

ruches troncs

Les mésanges et autres oiseaux peuvent avoir le bec un peu ferme envers les abeilles, mais le nombre de victimes serait ridicule comparé celui du frelon asiatique qui en fait son plat principal.

  • Frelon Asiatique (Vespa velutina) (FA):
    Cette espèce a été introduite accidentellement par l’activité humaine en Europe notamment où il pourrait menacer certaines espèces d’insectes autochtones.
    C’est un, serial killer, un tueur parfaitement équipé et très efficace: L’abeille volant plus vite qu’un frelon, il ne va donc pas s’épuiser à la poursuivre. La stratégie du FA est donc d’attendre l’abeille en se postant au-dessus de l’entrée de la ruche en vol stationnaire et d’attendre que ses victimes soient à vitesse réduite à l’atterrissage ou au décollage. Le FA s’en empare avec ses longues pattes (jaunes) et se pose sur une branche ou sur un brin d’herbe. Là, il découpe l’abeille en enlevant les ailes, l’abdomen, la tête… Il garde le thorax où sont abrités les muscles des ailes, gorgés de protéines. Il emmène cette partie pleine de protéines à sa progéniture affamée.

Limiter la prolifération du frelon asiatique avec des poules friandes de ce ravageur, par exemple, peut être salvateur pour votre colonie.

Quelques oiseaux, comme la Pie-grièche écorcheur, le Guêpier d’Europe, ou les mésanges sont d’actifs chasseurs de larves et d’insectes. Mais seule la Bondrée apivore est capable d’attaquer des nids entiers de frelons, cependant ce rapace migrateur est trop rare pour avoir un effet notable sur le développement du frelon asiatique.

rucher chalet traditionnel

  • Le varroa jacobsoni, originaire d’Asie, a colonisé l’Europe depuis les années 1960, il est devenu un problème sanitaire majeur en 1980: Il est aujourd’hui la première cause de mortalité des colonies d’abeilles en France… Seule l’ile d’Ouessant, en Bretagne, en est préservée du fait de son isolement du continent et de l’instauration d’un conservatoire créé dans les années 1980 qui a préservé l’abeille noire, écotype breton, hors d’infestation de l’acarien.
  • Le petit coléoptère des ruches « Aethina tumida » (originaire d’Afrique du Sud) est un parasite ravageur des colonies d’abeilles présent dans plusieurs pays répartis sur tous les continents. Sa multiplication peut entraîner un affaiblissement ou la mort de la colonie. Se nourrissant du couvain, du miel et du pain d’abeilles, il détruit les cadres des ruches et entraîne une fermentation du miel.

L’introduction en France de ce danger sanitaire de première catégorie aurait des conséquences sanitaires et économiques lourdes pour la filière apicole.

Lire aussi: https://agriculture.gouv.fr/aethina-tumida-un-danger-pour-les-abeilles

Réglementation sur l’installation d’un rucher ?

grand rucher-chalet

Chaque commune, chaque préfecture a sa réglementation concernant l’installation de ruche et les distances à observer avec les propriétés voisines. Mais l’article 211-7 du code rural fait référence :
« Ne sont assujetties à aucune prescription de distance les ruches isolées des propriétés voisines ou de la voie publique par un mur, une palissade en planches jointes, une haie vive ou sèche d’une hauteur de 2 mètres au-dessus du sol et qui s’étend sur au moins 2 mètres de chaque côté de la ruche ».

Cette tolérance ne s’applique pas si les propriétés voisines sont des habitations ou des établissements à caractère collectif recevant du public.

La législation en vigueur favorise donc, dans ses textes, l’implantation de rucher même en zones urbaines.

Malgré cette disposition, la prudence devra guider votre choix du lieu de l’installation de votre ruche.

La loi impose des distances minimales à respecter pour implanter les

colonies vis-à-vis du voisinage.
La loi impose la déclaration annuelle des ruchers et leur identification.


Quelques Idées Clés

  • Connaître les caractéristiques de l’emplacement (ensoleillement, humidité, vent).
  • Connaître les ressources des colonies autour de l’emplacement.
  • Respecter les distances pour l’implantation du rucher.
  • Déclarer le rucher une fois par an.
  • Identifier le rucher.

Associer demandes & offres d’emplacements de ruches

Face aux importantes pertes de cheptels actuelles, notamment le syndrome d’effondrement affectant les colonies d’abeilles , la qualité du paysage n’est pas immédiatement suspectée comme élément central et n’apparaît pas comme un facteur aussi déterminant que le varroa, les maladies parasitaires ou la présence de pesticides et fongicides. L’originalité de cet ouvrage est d’ établir le lien entre la vulnérabilité des paysages et la bonne santé des abeilles , par une approche interdisciplinaire qui considère de manière géographique les menaces et opportunités auxquelles les abeilles sont confrontées. La disponibilité des ressources pour les abeilles y est abordée en fonction des paysages, du type de zones géographiques, de la végétation et des pratiques agricoles et apicoles. L’ouvrage montre que les modifications paysagères impactent les traits d’histoire de vie de l’abeille (alimentation, état de santé de la colonie, comportement) et que l’aspect systémique des causes inhérentes à la pluralité des paysages ruraux sera sans doute mieux appréhendé dans les années à venir. Cela permettrait de hiérarchiser géographiquement les facteurs prépondérants des pertes et du syndrome d’effondrement des colonies d’abeilles domestiques et sauvages. Ainsi, il serait possible de mieux orienter les politiques publiques en faveur d’une préservation générale de l’agrobiodiversité faunistique, floristique et des paysages par une approche plus territoriale et locale. Cet ouvrage intéressera les chercheurs concernés par cette espèce sentinelle qu’est l’abeille mais aussi les bureaux d’études, les responsables des politiques publiques d’aménagement du territoire, les industriels en lien avec l’apiculture, les semenciers, les vétérinaires, et plus largement les apiculteurs et agriculteurs qui désirent progresser dans la compréhension mutuelle des enjeux autour des abeilles domestiques et plus généralement des pollinisateurs.

Tout fermier, maraîcher, producteur de fruits et légumes, propriétaire de parcelle agricoles, de parcs et jardins, voire de terrasses et de balcons en villes, peut solliciter le prêt de ruches auprès d’apiculteurs intéressés, dans le but de booster la pollinisation, sa production, de favoriser la biodiversité et la pérennité et la vivacité de la flore alentour.

La présence d’abeilles serait même plus bénéfique au maraîcher, producteur de fruits et légumes qu’elle ne rapporte à l’apiculteur. Le rapport serait de 1 à 3 selon Eugène LIBIS. La pollinisation est donc un enjeu majeur pour les producteurs agricoles notamment de fruits et légumes. Plus le rucher est proche, plus le rendement de pollinisation est significatif.

Ventalaferme.com a donc créé un groupe, ad hoc, entre apiculteurs et propriétaires de parcelles susceptibles d’accueillir des ruchers, ce groupe est disponible pour celles & ceux qui souhaiteraient accueillir des ruches dans leurs vergers, tels que les maraîchers ; placer des ruches dans les parcs et jardins des municipalités souhaitant valoriser leur patrimoine florale naturel ; installer des ruchers dans les forêts pour les propriétaires forestiers et l’ONF, ou encore accueillir des ruches sur les balcons et les terrasses pour les propriétaires ou locataires de bâtiments au sein des villes proposant de la ressource mellifère à proximité… ou bien encore sur les terrasses d’hôtels d’entreprises proches de ressources mellifères…


Offres & Demandes d’emplacements, de ruchers, sont à publier sur ce média ad hoc (cliquez sur le lien)


rucher-chalet de montagne

Offres & Demandes d’emplacements de ruchers

Le prêt d’un emplacement est possible sous réserve que l’apiculteur soit en règle avec la législation en vigueur et avec les bonnes pratiques apicoles, à savoir notamment :

  • Respecter la réglementation en matière de distances vis-à-vis des tiers, selon arrêté préfectoral,
  • Posséder une immatriculation d’apiculteur qui sera affichée sur ou à côté des ruches,
  • Apposer un panneau « Attention Abeilles » et prévoir une réserve d’eau à proximité du rucher,
  • Procéder à une déclaration annuelle de l’ensemble de ses ruches auprès des services compétents,
  • Accepter les visites sanitaires,
  • Traiter ses ruches contre le varroa,
  • Déclarer immédiatement tout cas de loque américaine auprès du GDS ou de l’agent sanitaire apicole de son secteur et à respecter le protocole recommandé.
  • Être assuré à minima au titre de la Responsabilité Civile pour son rucher
  • Accepter des dispositions particulières s’il partage la même parcelle avec d’autres apiculteurs ou si un autre rucher est implanté sur une parcelle proche.

IMPORTANT:

Ventalaferme.com, ne peut être tenue pour responsable des accords intervenus entre les parties, dans le cadre de l’installation des ruchers

CHOIX DE L’EMPLACEMENT :

L’emplacement de son rucher ne peut en aucun être choisi par hasard. L’apiculteur doit au préalable avoir évalué l’environnement botanique et étudié évidemment le potentiel mellifère de la zone ; de facto, dans le choix de l’implantation d’un rucher, plusieurs critères apparaissent :

  •     le micro-climat local
  •     le relief environnant
  •     les points d’eau
  •     les activités humaines et/ou industrielles, alentour
  •     la voie publique
  •     l’habitat environnant et la proximité humaine

Le terrain doit être :

  • sec et bien drainé : il est souhaitable qu’il puisse s’assécher rapidement après les pluies; opter pour un terrain au sol drainant voire filtrant (sablo-limoneux).
  • abrité des vents domi­nants*, en particulier en étant protégé des vents du nord et de l’est et surtout des phénomènes atmosphériques néfastes : vents froids en hiver ou des tempêtes (rafales, bourrasques) éventuelles, qui pourraient ren­verser les ruches et ou les refroidir.
  • bien ensoleillé : en éclairant l’entrée de la ruche, les rayons de soleil levant éveillent les abeilles, réchauffent et dyna­misent la colonie.
  • choisi avec une pente qui ne peut être trop forte.
  • un endroit couvert d’arbres de semi-ombrage.***
  • accessible et praticable : du fait du transport régulier de matériels au poids généralement conséquent (ruches habitées, hausses, récolte, succédané, etc.),  il est plus que recommandé de pouvoir accéder au terrain aisément avec un engin motorisé ou a minima avec une brouette.
  • la surface utile permettant l’exploitation rationnelle d’une ruche représente environ 5 mètres carrés.
  • 50 mètres carrés pour dix ruches.
  • avoir un point d’eau** naturel ou artificiel (abreuvoir à abeilles) à proximité des ruches (pas plus de 100 mètres pour un cours d’eau, étang), si possible riche en matières organiques.
  • La végétation croissant autour des emplacements doit être autant que possible continue dans l’espace et dans le temps : plantes annuelles, vivaces, perennes et arbustives à floraisons successives durant les périodes de mars à parfois jusqu’à fin octobre.

*Les abeilles alourdies de pollen ne doivent en aucun cas être déséquilibrées ou plaquées au sol dans leur vol par des vents violents. Une abeille plaquée au sol se refroidit, notamment au printemps, et éprouve dès lors des difficultés à rejoindre sa ruche

** Eviter que celle-ci soit située loin en contrebas par rapport au rucher, car les abeilles gonflées d’eau devraient dépenser beaucoup d’énergie

*** L’ombre est appréciée par la colonie les après-midis en raison de la chaleur (risque de déformation des alvéoles de cire endommageant la structure architecturale de la colonie pénalisant la colonie) et aide les abeilles ouvrières aux fonctions de ventileuse dans leur travail de climatisation.

A éviter :

  • les zones où une humidité forte ou constante persiste : plan d’eau, mare, étang, rivière ; cela favorise l’apparition et le développement de maladies (nosémose) et engendre des pertes de récoltes mais surtout à terme des mortalités anormales.
  • les zones inondables.
  • les zones où le brouillard stagne régulièrement.
  • les zones où la neige s’accumule (formation de congères).
  • les promontoires dénudés et exposés aux vents violents.
  • un ombrage complet doit être évité, car il freine la dynamique de la colonie et de ce fait diminue l’activité des butineuses en période de miellées.
  • placer le rucher proche ou en dessous d’une ligne à haute tension.
  • éviter toute zone de céréales, légumes et de fruitiers en culture intensive: les vergers, les vignobles et/ les cultures régulièrement traités en produits phytosanitaires, ou suspectées de tel…

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Conseils :

  • adapter le nombre de ruches à votre environnement, jusqu’à 15 ruches maximum par rucher.
  • veiller à observer une distance d’au moins 3 kilomètres entre vos ruchers ou ceux d’autres apiculteurs.
  • une haie vive resserrée protégera efficacement vos colonies mais aussi un haut mur ou une palissade ou encore un rideau agricole brise-vent.
  • apporter de la clarté au rucher si nécessaire en prévoyant un ou des puits de lumière favorisant le départ et l’arrivée des abeilles à la verticale.
  • créer un micro-climat en entourant votre rucher de 3 palissades (ouest, nord et est) pour rompre le vent.

Podcasts


Déterminer les meilleures ressources mellifères, sur plan, pour implanter un rucher

choix emplacement rucher sur plans
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PDFthèque.

Généralités

Emplacement du Rucher

Documentation sur la Flore Mellifère


Application “Calculer l’Aire de butinage”

Dans le but d’appréhender la zone couverte par les abeilles lors de leur butinage, il a été développé une petite application permettant de visualiser cette zone à l’aide de cartes proposées par Google.

Cette première version a des fonctionnalités limitées, mais permet déjà :

  • de placer plusieurs marqueurs représentant chacune un rucher sur la carte.
  • de déplacer, supprimer ces marqueurs.
  • la zone de butinage est représentée par des cercles concentriques de 500m à 3km, distances communément admises.
  • de connaître les coordonnées géographiques des ruchers marqués.
  • d’utiliser toutes les fonctions des cartes Google maps

L’utilisation est intuitive :

  • créer un marqueur : clic droit de la souris
  • supprimer un marqueur : clic gauche de la souris sur le marqueur
  • déplacer un marqueur : clic droit et maintenir appuyé pour déplacer
  • afficher informations : clic droit sur le marqueur
  • zoomer la carte : les boutons + et – en bas à droite de la page ou la molette de la souris
  • changer de type de carte : en haut à gauche (carte, relief, satellite)

L’application est disponible ici

Cette application évoluera éventuellement en fonction des demandes et besoins exprimés. Vous pouvez envoyer un mail à : webmestre@gdsa-corse.fr


Liens précieux

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  • https://www.permaculturedesign.fr/pourquoi-reintroduire-abeille-noire-apiculture-naturelle-ruche/
  • https://www.permaculturedesign.fr/apiculture-naturelle-bien-etre-abeille-ruche-horizontale-pierre-javaudin/
  • https://www.permaculturedesign.fr/haie-arbre-meilleure-recolte-abeilles-pollinisateurs/