Spiritueux – producteur – récoltant.


Gustave Lecadieu n’a pas fait des études en œnologie. Il était dans une école d’ingénieur du son à Paris. Pour gagner sa vie, il a travaillé dans une épicerie fine installée dans le centre-ville de Rouen, d’où son « apprentissage » au goût du vin et des mets qui vont avec. Il a juste « mis en bouteille » son idée de créer cette boisson alcoolisée à base de kiwi qui lui trottait dans la tête. « Nous avons des actinidas – lianes à kiwis – dans le jardin de la maison familiale. Une année, nous avions fait une grosse récolte de fruits et nous ne savions plus trop quoi en faire. Avec une partie de la récolte, ma mère en a fait des confitures et je me suis dit : pourquoi pas ne pas vinifier le kiwi et voir ce que cela peut donner. Mon père fait déjà du cidre en amateur et je me suis appuyé sur sa méthode pour faire de même avec ce fruit. »

Le kiwi nouveau est arrivé

Après différents tests effectués auprès de ses proches et amis « et quelques ratés », précise-t-il, il a réussi à trouver le bon dosage pour cette boisson qui ressemble au vin blanc et dont la teneur en alcool est de 13,5°. C’est un primeur comme le beaujolais car le fruit est cueilli et mis en bouteille dans la même année.

« Pour ma première récolte, en 2017, j’ai pu produire 400 bouteilles. Elles ont été vendues en quelques mois. Pour mon deuxième millésime, cette année, j’ai rempli 3 200 bouteilles. Les kiwis sont bios et français. Je les ai achetés à un producteur qui est situé entre Bordeaux et Agen, car les kiwis de la maison ne suffisaient plus. Selon les amis, le goût est proche du vin blanc moelleux. Je n’ai pas encore assez de recul dans le temps pour dire si telle année est bonne ou mauvaise. Entre 2017 et 2018, il y a très peu de différences de goût. »

Pour obtenir toutes les autorisations administratives et ainsi commercer sa production, Gustave Lecadieu a créé une société : Le Petit alcoolier. « J’ai rempli beaucoup de papiers pour être en conformité avec la loi, d’autant que c’est une boisson alcoolisée. J’ai suivi de nombreux stages à la chambre de métiers de Rouen, afin de connaître toutes les mesures en vigueur sur la production alimentaire et sa vente. Bien que travaillant dans une épicerie fine, j’avais des notions, mais ces stages m’ont été bien utiles pour ma nouvelle activité. » Reste à se faire connaître et le jeune homme va se consacrer à plein temps à sa boisson et au démarchage auprès des commerçants.

INFOS PRATIQUES

Pour tous renseignements sur le kiwi, le vin imaginé par Gustave Lecadieu : lepetitalcoolier.com

Un essai unique en France

Gustave Lecadieu, qui travaille aussi sur la possibilité de concocter une eau-de-vie avec le marc du jus de kiwi, serait le seul producteur de vin de kiwi.
Il existe bien la société Longonya dans la région lyonnaise qui commercialise un blanc de kiwi depuis plusieurs années, mais il ne s’agit pas d’une boisson 100 % kiwi. Elle contient un peu de jus de raisin, entre 10 et 15 %, afin d’apporter une certaine acidité. Les œnologues, qui ont effectué différents tests à l’aveugle, sont bluffés du résultat obtenu. Le créateur de ce blanc de kiwi, Marvet Mbani, diplômé de l’école de management de Lyon, s’était intéressé, dans un premier temps, à vinifier la mangue, avant de s’orienter vers le petit fruit vert. D’origine congolaise, il savait, en effet, que ses grands-parents, agriculteurs en Afrique, connaissaient des problèmes de surproduction. Il s’était aperçu aussi que les kiwis qui n’avaient pas le calibrage « standard » étaient perdus pour la vente au détail. Il avait alors eu l’idée de le vinifier. Il a développé son activité avec les productions de kiwis de la Drôme, de Corse ou des Landes.
D’autres fruits ont été vinifiés comme dans le Nord de la France avec le perlé, un vin pétillant de groseille ou en Provence, avec une vinification d’oranges amères. À Tahiti, c’est l’ananas qui a été employé.
En Normandie, le cidre n’est autre que du jus de pomme fermenté. Il était d’ailleurs connu chez les Romains. Sans oublier le poiré, obtenu avec des poires.

Un local aménagé

Gustave Lecadieu a aménagé une dépendance de sa maison familiale pour produire son vin de kiwi. « Le fruit arrive sur place et il est broyé. Il en ressort un jus épais qui est macéré dans de l’eau. Il fermente trois semaines environ avant d’être mis en bouteille. » La bouteille de 75 cl est étiquetée sobrement. « C’est ma sœur Diane, architecte paysagiste à Barcelone, qui a conçu l’étiquette. Je bénéficie du soutien familial ! » Gustave Lecadieu a tout simplement appelé sa boisson : le kiwi. « Il faut le boire plutôt frais. »

Infos supplémentaires

SIRET809 435 126

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.