En 2011, la première Ruche qui dit oui! ouvrait ses portes à Fauga, en Haute-Garonne, c’est à ce jour 700 “ruches” dans tout le pays.

Son principe est de mettre en relation des petits producteurs et des consommateurs. Fruits, légumes, viandes, boissons, fromages… 

En quoi est-ce différent d’un AMAP ?

La Ruche qui dit oui! est une start-up qui profite, atteignant en 2015 une soixantaine de salariés. Cette start’up se rapproche du fonctionnement d’une AMAP laquelle a pour objectif de mettre en relation des producteurs locaux et des consommateurs.

Chaque responsable de Ruche (un particulier, une association ou une entreprise) commence par contacter des producteurs, puis de trouver des membres (consommateurs). Grâce à l’interface Internet, les membres commandent parmi une liste de produits, et viennent les chercher le jour de la distribution.

Outre les valeurs de transition et de coopération affichées par l’entreprise, Hélène Binet, responsable de la Ruche du Comptoir Général, à Paris, met également en avant “l’autonomie, pour reprendre en main notre alimentation”. Mais aussi l’aspect lien social dans un quartier: “C’est une belle communauté. Les membres se réapproprient la Ruche.”

Comment trouver une Ruche?

Sur le site global, entrez simplement votre adresse: la Ruche la plus proche s’affiche alors. Vous pouvez ensuite vous inscrire.

Comment commander et aller chercher sa commande?

Une fois que vous êtes inscrit à une Ruche, vous avez accès aux produits de la prochaine distribution. Les producteurs déterminent un minimum de commandes à atteindre pour livrer. Il suffit de passer commande et de régler, puis de se rendre sur le lieu de distribution (un café, une école, une salle de spectacle…) à la date et à l’heure fixées par le responsable de Ruche, pour récupérer ses courses.

Qu’y achète-t-on?

Fruits, légumes, viande, poisson, herbes, pain, bière, fromage… Chaque Ruche a sa propre sélection. Tout a été produit -ou transformé, pour le cas du café par exemple- à moins de 250 km. Labélisés bio ou pas, les produits sont issus de l’agriculture raisonnée.

Qui gagne quoi?

Le producteur fixe ses prix, et vend ses produits aux consommateurs. Ensuite, il reverse à la “Ruche qui dit oui” 16,7% de son chiffre d’affaires hors taxes, pour “frais de service”: le responsable de Ruche touche 8,35%, pour l’organisation et l’animation; 8,35% vont à la Ruche “mère”, pour le site, le support technique et commercial.

Les avantages et les inconvénients pour les producteurs?

Le producteur ne récupère pas au final 100% du prix de produit et n’a pas d’avance de trésorerie. Il a en outre un gros travail de préparation des commandes avant de livrer. Cependant, il a l’assurance de commandes régulières.

Nicolas Thirard, maraîcher bio en Picardie, est satisfait du système: “Je suis sûr de préparer des produits déjà vendus. Avant, je faisais le marché. Mais la contrainte, c’est qu’on ne sait jamais ce qu’on va vendre.” Il explique aussi qu’il s’arrange avec d’autres producteurs proches, pour qu’un seul véhicule aille à Paris pour les distributions. Le maraîcher, qui vend aussi ses produits dans son magasin à la ferme, souligne qu’au-delà de l’aspect pratique, ça créé une communauté. Des groupes de membres viennent régulièrement lui rendre visite dans son exploitation, ce qui renforce le lien de confiance.

Et les avantages pour le consommateur?

La plateforme de la Ruche est assurément très pratique et souple pour commander des produits locaux, avec un large éventail de choix. C’est aussi “un vrai réseau de quartier, un espace de convivialité”, souligne Hélène Binet. Et les prix? Parfois très élevés, parfois très raisonnables… Ils peuvent être bien différents en fonction des Ruches et des producteurs. Il peut donc être avantageux de comparer les diverses Ruches près de son domicile.

En quoi est-ce différent d’une Amap?

A la Ruche qui dit oui!, pas d’engagement. A chaque distribution, on peut décider de commander autant qu’on le souhaite. En adhérant à une AMAP (Association pour le maintien d’une agriculture paysanne), on paye à l’avance et on s’engage à venir chercher un panier périodiquement, sur un nombre de semaines donné. Une Amap fonctionne aussi différemment: l’organisation est basée sur un engagement associatif et bénévole. Et les producteurs récupèrent la totalité du prix du panier.

Quelles sont les récriminations à l’égard de “la Ruche qui dit oui” ?

En 2014, plusieurs articles ont critiqué la Ruche qui dit oui!, entre autres pour son aspect commercial, ses actionnaires, le statut des responsables de Ruches, jugé précaire, la Ruche parle de “complément de revenu”, ou encore la fixation des prix. Ce à quoi la Ruche qui dit oui! a répondu dans un autre article.

Ne pourrait-on craindre une forme d’ubérisation du circuit court de produits du terroir?

Une responsable d’AMAP en Île-de-France explique: “Je reproche à la Ruche de s’être présentée comme une AMAP en mieux. Mais ce n’est pas du tout comparable: Une AMAP, c’est un groupe qui se fédère pour aider un producteur à pré-financer sa production. Chacun est acteur et solidaire. Le producteur sait quel sera son chiffre d’affaires pour 6 mois. Il peut acheter des graines, des outils… Et récupère 100% du prix des produits.”


Rédigé d’après un article de l’express sur le sujet.
https://www.lexpress.fr/styles/forme/tout-sur-la-ruche-qui-dit-oui-ses-avantages-ses-inconvenients-la-difference-avec-une-amap_1751837.html