Les dates de conservation des aliments

  « A consommer avant le », « à consommer jusqu’au », « à consommer de préférence avant le », … ces mentions figurent sur les emballages de nos produits, savez vous réellement ce qu’elles signifient et comment les utiliser pour bien consommer les produits alimentaires ?
Lors de la consommation des denrées alimentaires, il convient de veiller au respect des indications figurant sur l’étiquetage des denrées emballées. Deux types d’indications vous renseignent sur la durée pendant laquelle vous pouvez consommer un produit.
A ne pas confondre
  • Les mentions « à consommer avant le » ou « à consommer jusqu’au » représentant la date limite de consommation (DLC) du produit. Il faut respecter cette date. Au delà de celle-ci, le produit peut présenter des risques pour la santé du consommateur. La majorité des produits frais emballés portent cette mention obligatoire fixée sous la responsabilité du fabricant et ne peuvent être vendus une fois la date dépassée.
  • La mention « à consommer de préférence avant le » représentant la date de durabilité minimale (DDM) (terme ayant remplacé celui de date limite d’utilisation optimale (DLUO) du produit depuis la mise en application du règlement INCO au 13 décembre 2014). Au-delà de celle-ci, la denrée peut perdre certaines de ses qualités gustatives et/ou nutritionnelles mais peut être consommée sans danger pour la santé. Cette indication est notamment visible sur les boissons, les produits d’épicerie (pâtes, riz, sucre, conserves, miel…)

Autres mentions importantes à respecter

  • La température de conservation indiquée sur l’emballage des aliments doit être suivie avec attention sinon la qualité sanitaire de votre aliment n’est plus garantie.
  • De même quand elle est précisée, la nature de la cuisson. (cuisson à cœur des saucisses, steacks hachés par exemple)
  • Les fabricants peuvent aussi recommander un délai de consommation après ouverture du produit (à consommer sous 2 ou 3 jours une fois l’emballage ouvert, par exemple).

Toujours bien observer les emballages:

un emballage gonflé, une boite de conserve déformée, l’absence de « pop » à l’ouverture d’un bocal, une odeur désagréable, une couleur anormale doivent vous alerter : il y a danger et il faut  jeter cet aliment.

Réformer pour lutter contre le gaspillage ?

Les dates de péremption, mises en place pour prévenir tout risque sanitaire, suscitent la confusion chez certains consommateurs au point de contribuer à 20 % du gaspillage dans les foyers, et certains appellent à les réformer.

« À consommer de préférence avant » (Date de durabilité minimale, DDM), « À consommer jusqu’au » (Date limite de consommation, DLC) : ces formulations ne sont-elles pas dépassées, s’interroge Rose Boursier-Wyler, de l’application mobile « Too Good to Go » ?

Lancement d’une pétition

Cette appli anti-gaspillage, qui vise à « sauver » à prix réduit des repas qui seraient sinon jetés à la poubelle, a décidé de s’attaquer au problème de la « crédibilité » et de la « légitimité » de ces mentions, réglementées au niveau européen. Une pétition, intitulée #ChangeTaDate, vient d’être lancée à destination des industriels et des distributeurs pour « qu’ils clarifient leurs dates de péremption », explique sa fondatrice, Lucie Basch.

Alors que la France célébrera, mardi, la 5e Journée nationale de lutte contre le gaspillage alimentaire, « Too Good to Go » organisait, ce jeudi, à Paris, une table ronde avec différents acteurs de la chaîne alimentaire. Avec pour objectif d’écrire une « feuille de route » pour le gouvernement qui doit, dans le cadre de la loi Alimentation votée dernièrement, publier un rapport dans un an sur l’harmonisation de ces dates.

Dans les années 50-60, les intoxications alimentaires faisaient encore des milliers de morts en France. Dès que le pays a « retrouvé son autosuffisance alimentaire, l’État a décidé de réglementer », explique Jean-Charles Catteau, consultant indépendant.

Malgré la levée de boucliers des industriels de l’agroalimentaire, les dates de péremption ont été appliquées en 1984…
et parfois même apposées sur des produits non-périssables !

Consommateur « conditionné »

Mais « le consommateur est tellement conditionné par ces dates » qu’il finit par être « piégé » et ne fait plus appel au bon sens pour savoir si un produit est périmé ou pas, estime Jean-Charles Catteau, pour qui il faut « les repenser ».

Un avis rendu par la Commission européenne en 2011 avait évalué à 20 % le gaspillage alimentaire des foyers dû à une mauvaise compréhension de ces dates.

Trois critères

Concrètement, comment sont-elles définies ? « Dans nos laboratoires, nous faisons des tests de vieillissement accéléré pour voir comment le produit se comporte », indique Claire Meunier, de chez Coca-Cola, en tenant compte de trois critères : la dimension sanitaire (absence de bactéries), la qualité (le goût) et les propriétés intrinsèques (vitamines, minéraux).

Mais « pourquoi certains produits sont-ils en DDM et d’autres en DLC ? Pourquoi, quand on mange un yaourt après la date, n’est-on pas malade ? », interroge Anne Legentil, pour l’association Familles rurales.

Loin d’être supprimées, ces dates doivent apporter « une véritable information » aux consommateurs, dit-elle. D’où l’idée de les simplifier et d’utiliser la traduction de l’anglais « Best before » (« Meilleur avant »), comme le préconise également Carrefour qui, dès 2014, a modifié ou supprimé les dates de consommation de 500 de ses produits à marque propre.

« Recréer de la valeur »

Par exemple, « on a allongé la DLC de cinq à dix jours sur certains produits frais ou d’épicerie, tel le yaourt qui est passé de 23 à 30 jours, et enlevé la DDM sur d’autres », comme le vinaigre, le sel ou le sucre, explique Bertrand Swiderski, directeur RSE (*) du groupe. Et qu’on ne dise pas à ce cadre dans la distribution que l’allongement des dates de péremption réduit « la rotation des produits » : « C’est un faux problème », réplique-t-il.

« Allonger les dates de péremption, c’est lutter contre le gaspillage, c’est recréer de la valeur tout au long de la chaîne alimentaire », fait-il remarquer.


Source :
https://www.letelegramme.fr/france/dates-de-peremption-une-reforme-pour-lutter-contre-le-gaspillage-12-10-2018-12104384.php#XBtibtCVsfPSBqkg.99