L’abeille domestique Apis mellifera est devenue un animal modèle pour l’éthologie, la neurobiologie et la cognition animale du fait de son répertoire comportemental riche et de ses impressionnantes capacités cognitives (Von Frisch, 1965 ; Menzel, 1999; Menzel, 2012). Les abeilles sont parmi les insectes ayant la plus grande valeur économique puisque, en parallèle de leur utilisation en apiculture, elles sont les principales pollinisatrices impliquées dans la production de nombreux fruits, légumes et cultures céréalières. Elles jouent donc un rôle crucial dans la production mondiale de denrées alimentaires (United Nations Environmental Program, 2010).

Assurer les bonnes conditions de reproduction de ces cheptels représente un enjeu majeur. Or pour obtenir de bonnes reines pondeuses le rôle des mâles est prépondérant. Bien les connaitre est donc fondamental pour bien offrir aux reines vierges les meilleures conditions de fécondation collectives. Les mâles se réunissent en congrégations, ou bal de mâles, pour féconder les reines qui passeraient à proximité ou au sein de ses congrégations de mâles.

Le mâle de l’abeille, appelé faux-bourdon, se reconnait à sa silhouette massive et à ses grands yeux. En vol, son vrombissement est caractéristique.

Contrairement aux femelles, les mâles n’ont pas de dard et sont donc dans l’impossibilité de piquer. Ils ne doivent pas être confondus avec les bourdons qui sont des espèces différentes. Incapable de butiner, la seule fonction des faux-bourdons est la fécondation des reines vierges. Ils ne représentent que 2% de la population de la ruche… soit environ 3 000 mâles par ruche.

Depuis la ponte de l’œuf, le faux-bourdon a besoin de 24 jours avant de sortir de son alvéole. Ils atteignent leur maturité sexuelle entre l’âge de 8 à 12 jours. La durée de longévité des faux-bourdons oscille entre 20 et 50 jours.

A la fin de l’été, lorsque les sources de nectars se tarissent, les mâles deviennent des bouches inutiles à nourrir. Ils sont donc chassés impitoyablement hors de la ruche par les ouvrières.

Les mâles sont issus d’œufs non fécondés. Ils sont haploïdes, c’est-à-dire qu’ils n’ont que la moitié du nombre de chromosomes qu’ont les reines.

Pesant 230mg, ils sont plus gros que les ouvrières (100mg), mais moins que la reine (250mg). Dépourvu de dard et de corbeilles à pollen, leur anatomie est uniquement adaptée à la fécondation. les mâles volent vite afin d’atteindre les reines pour s’accoupler. Leur durée de vie varie d’un mois en début de saison à deux mois en fin de saison.

Des lieux bien précis

les mâles d’abeilles se rassemblent donc en grand nombre dans des lieux bien précis, c’est ce que l’on définit comme des congrégations , bals de mâles ou rassemblements de mâles. La hauteur de vol dans ces lieux de rassemblement varie en fonction de la météo, de 5 à 40m, certaines observations faisant même état de 60m. Le bourdonnement des mâles s’entend avant qu’ils ne soient visibles. Ce n’est qu’en jetant un caillou assez haut que les mâles surgissent en forme de comète. Lorsqu’un un oiseau ou un papillon entre dans cette zone, il est énergiquement chassé par les mâles.

De tels rassemblements regroupent de 1 000 à 15 000 mâles, avec une moyenne de 12 000 mâles issus de 240 ruches. Seuls les mâles matures s’y rendent instinctivement, lorsque la température est supérieure à 19°C et la vitesse du vent inférieure à 20 km/h. ils font des allers et retours au rucher pour s’alimenter, sans respecter vraiment leur ruche d’origine.

Ces congrégations de mâles sont situées aux mêmes endroits d’une année sur l’autre, à plus d’un kilomètre du premier rucher. La congrégation anglaise de Selbourne dans le Hampshire décrite en 1789 existe toujours. La sortie des mâles correspond à celle des reines vierges. Mais en fonction des races, les heures de sortie sont décalées et peuvent s’étaler de 11 heures jusqu’à 17 heures environ. avec un pic de sortie vers 15 heures (heure solaire, bien entendu).

Il y a très peu de probabilité pour que les reine vierges se retrouvent avec les mâles du même rucher dans ce lieu de rassemblement. Contrairement aux reines vierges, les mâles préfèrent se rendre aux congrégation les plus proches et s’éloignent de 2 à 6 km en moyenne de leur ruche d’origine, la nature évitant ainsi la consanguinité.

Lorsque vous installez des nucléis, tenez compte du fait qu’au moins 1 000 mâles sont nécessaires pour former une congrégation. Au dessous de cette quantité, les mâles errent à la recherche d’un lieu de rassemblement. dés qu’une reine entre dans le ce périmètre d’un rayon d’environ 30 à 500 m, les mâles se précipitent vers elle pour la féconder.

Pas de reine, sans mâles

La qualité et la longévité des reines dépendent des mâles d’abeilles appelés faux bourdons en raison de leur ressemblance d’avec les bourdons. Plus nombreux et mieux nourris ils sont, et plus belles sont nos colonies, mieux seront fécondées les reines. Par conséquent, prenez-en soin, des mâles, et les fécondations s’en trouveront améliorées.

Mais que font-ils pendant cette courte saison ? Où vont-ils lors de leurs absences répétées ?

Dès qu’ils sont matures (10 à 15 jours), les mâles s’éloignent de leur colonie, parfois jusqu’à 5 km, pour se regrouper dans des endroits appelés congrégations, bals d’abeilles ou tout simplement lieux de rassemblements. Ces lieux de rassemblement étaient connus tant que les ruchers étaient sédentaires.

Les reines vierges âgées de 6 à 8 jours se rendent dans ces congrégations, jusqu’à 2 km, pour y assurer leur fécondation avec une vingtaine de mâles. A ce jour, ces regroupements encore mystérieux commencent à faire l’objet de recherches.

Dans le cadre de fécondations dirigées (environnement du rucher de fécondation saturé avec des mâles sélectionnés), il est intéressant de connaître le % de mâles issus de notre élevage, d’où l’intérêt de savoir comment les piéger.

Réunir de bonnes conditions

Le bon périmètre

sachant qu’une fécondation demande 15 à 20 mâles ou plus, il est nécessaire de posséder des ruches sélectionnées productrices de mâles dans un rayon de 5 kms au moins autour des nucléis.

Élevez plus de mâles qu’il n’est nécessaire

Précautions Si vous souhaitez obtenir des reines de qualité, n’hésitez pas à élever au moins 50 mâles par reine vierge. Vous obtenez ainsi une saturation en mâles de votre zone de fécondation. C’est ce que l’on nomme la fécondation dirigée.

Fécondation dirigée

Fécondation contrôlée

fiche_fecondation

 


PDF-thèque:

Fiche élevage de Bourdons

fiche_elevage_faux_bourdons

Aristot et le monde de la Ruche

aristote et le monde de la ruche

Fiche Fécondation Accouplement

fecondation_accouplement

 


Sources :

  • https://apihappy.fr/apiculture-abeille/37-les-congregations-de-males-faux-bourdons-chez-l-abeille
  • http://www.pedigreeapis.org/biblio/artcl/moon-dugat75fr.html
  • http://www.rhone-apiculture.fr/CONFERENCE-DE-JOS-GUTH-A-LYON-LE-24-JANVIER-2015.html

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