Le cadre est composé de cinq types d’alvéoles : celles qui contiennent les réserves de miel (operculées), le nectar, le pollen, le couvain et celles qui restent vides. Faciles à reconnaître, elles sont toutes aussi importantes les unes que les autres et il est essentiel d’étudier leur quantité et leur répartition.


Sommaire

Cellule de mielCellule de NectarCellule de Couvainœuf larve nymphe (pupe) Cellule Royale (CR)sauveté supersédure essaimageStades CRCellule de PollenCellule Vide


 

Le miel

Cellules operculées contenant le miel

Il doit y en avoir tout en haut du cadre (elles s’étendent souvent autour des coins du cadre). S’il n’y en a pas, cela signifie que vos abeilles ont très peu de réserves et que vous devez les nourrir. Cela peut arriver à tout moment dans l’année, même en été, si les abeilles n’ont pas eu la possibilité d’aller chercher de la nourriture pendant une semaine en raison du mauvais temps.

Les abeilles referment les alvéoles de miel avec un opercule de cire lorsque celui-ci atteint 18% d’humidité. Un rayon de miel devra être “bien mûr” afin d’être récolté. Pour s’en assurer, l’ensemble de sa surface (plus de 80 %) doit être bien operculée* sur ses deux faces.

Dans le but de protéger son butin, l’abeille stocke son miel le plus loin possible de l’entrée de la ruche (dans les ruches verticales, le miel est stocké dans la hausse, sinon sur les rives).


Le nectar

Cellules contenant le nectar

cellules de nectar et de pollen

Les rangées d’alvéoles situées juste en dessous des cellules contenant le miel doivent être remplies de stocks de nectar. C’est un en-cas pour les abeilles, un peu comme le bol de noix posé sur votre bureau au travail. Les abeilles le mangent mais s’en servent également pour nourrir les larves.

Nectar : Liquide sucré sécrété par les nectaires

Le nectar est un liquide sucré que sécrètent les nectaires. Le nectaire est un tissu qui produit le nectar et forme ordinairement une saillie sur les feuilles ou les fleurs.

Le pollen

Cellules contenant le pollen

cellules de pain d’abeilles (pollen lacto-fermenté)

Les alvéoles contenant le pollen ne sont pas aussi facilement repérables mais vous devriez tout de même réussir à trouver des cellules débordant de pollens de différentes teintes (allant du orange vif au presque noir, en passant par le rouge). Le pollen est la protéine dont les abeilles se nourrissent et, si vous n’en voyez pas, cela coïncidera sûrement avec une période prolongée de mauvais temps.

Pollen ? Poussière protéinée libérée par les anthères des plantes !

Le pollen est une poussière très fine protéinée constituée de grains microscopiques produits et libérés par les anthères des plantes. Lorsque les abeilles butinent, leur corps s’en recouvre et c’est ainsi qu’elles contribuent à la pollinisation des fleurs. Elles en rapportent aussi jusqu’à la ruche, la mélangeant avec le nectar qu’elles récoltent.

Quelques couleurs de pollen :

Tableau de couleurs de pollens

    • Bourrache => gris
    • Pissenlit => jaune foncé, légèrement orangé
    • Aubépine => jaune pâle
    • Ronce => gris très foncé
    • Trèfle blanc => brun rouge

Consulter la page : calendrier des floraisons apicoles


Le couvain

Les abeilles sont des insectes holométaboles, c’est à dire qu’ils sont à métamorphose complète. En effet, elles sont complètement différentes à l’état larvaire et à l’état adulte. A une température moyenne de 34°, elle passe par les stades de l’œuf, de la larve, de la nymphe et de l’adulte.

Notons les trois hormones qui commandent les métamorphoses

  • une hormone de croissance qui permet aux larves de grandir.
  • une hormone juvénile qui maintient l’état larvaire et s’oppose à la nymphose.
  • une hormone de mue (l’ecdysone) qui provoque la nymphose.

Cellules operculées contenant le couvain

cellules de couvain femelles

La zone de couvain doit être de forme circulaire, avec une forte densité de cellules ouvertes contenant des œufs ou des larves ou de cellules operculées ( cela dépend du temps qui s’est écoulé depuis que la reine est venue pondre sur le cadre que vous observez ). S’il y a beaucoup de cellules vides, cela indique soit que la reine ne fait pas correctement son travail, soit que les abeilles se sont débarrassées de larves malades.

Les cellules de mâles sont les plus larges et les plus bombées

Les opercules des cellules doivent être plats pour les femelles et bombés pour les mâles. S’ils sont enfoncés, cela peut être le signe d’un problème.

Différentes mues de l’œuf (3 castes)

de l’œuf à la larve jusqu'à la pupe et enfin l'imago

L’œuf

C’est un bâtonnet blanc de 1,5 mm de longueur et de 0,3 mm de diamètre, déposé verticalement dans l’alvéole et qui va progressivement se coucher. Rien ne distingue à la loupe ou à l’œil nu un œuf fécondé qui donnera naissance à une ouvrière, un œuf non fécondé donnera naissance à un mâle.

L’œuf est facile à reconnaître du fait de sa couleur blanche et sa forme longiligne et incurvée. Il est déposé verticalement dans l’alvéole lorsqu’il est pondu.
Au cours des 3 jours suivant la ponte, l’œuf s’incline peu à peu au fond, dissout sa membrane et se transforme en larve. Dans les mêmes conditions climatiques, ce processus se passe à peu près de la même façon pour toutes les castes.

La larve

Couchée au fond de l’alvéole, dans une goutte de gelée royale, elle ressemble à un ver. Elle se courbe de plus en plus et au bout de 3 jours ses extrémités se rejoignent. Au cours de sa croissance, la larve subit 5 mues.

La durée de vie larvaire moyenne d’une abeille dépend de sa caste :

  • 5 jours 1/2 pour une reine.
  • 6 jours pour une ouvrière.
  • 6 jours 1/2 pour un mâle.

cycle de métamorphose d’une abeille

Identique à un ver, la larve ne comporte qu’un tube digestif et ainsi, son rôle se limite à se nourrir. En effet, les abeilles nourricières leur laissent des aliments dans les alvéoles. Le développement de la larve se fait sur 5 mutations successives. Son poids augmente en fonction de sa nature. Par exemple, une ouvrière gagnera 900 fois son poids initial tandis que la reine gagnera 1700 fois son poids.

Le faux-bourdon gagne jusqu’à 2300 fois son poids. Après 9 jours à ce stade, la larve est fermée dans l’alvéole par un opercule de cire. C’est la phase d’operculation, variant en fonction de la caste.

Au terme de sa croissance, la larve change de position : elle s’allonge, dirige sa tête vers la surface du rayon, subie sa dernière mue et file par sa bouche un cocon de soie. De leur coté, les ouvrières operculent progressivement la cellule. La larve s’immobilise : elle devient une nymphe. Son corps prends une forme nouvelle où bientôt se distingue les 3 régions caractéristiques de l’insecte (tête, thorax et abdomen).

De La pupe (ou nymphe) à l’imago

Ces deux derniers stades voient la création des antennes et des autres organes sensitifs : yeux, bouche… Les organes du thorax et de l’abdomen, ainsi que les pattes et les ailes se forment à ce stade. Les mandibules se forment, permettant à l’imago de percer l’opercule de cire. Une fois adulte, il sort de l’alvéole et bat des ailes. La cuticule formée à l’extérieur sèche progressivement durant 12 heures, et l’abeille commence son travail. Elle pèse alors entre 80 et 292 mg en fonction de sa caste, la reine étant la plus lourde. On observe toutefois quelques variations de ce cycle de développement en fonction de la caste.

Apres 9 jours pour les ouvrières et 10 pour les mâles l’alvéole est recouverte par les ouvrières d’un opercule de cire, et toute alimentation cesse. Dans le cas d’une alvéole de mâle l’opercule est en forme de dôme afin de ménager plus de place pour la croissance de la tête du mâle.

Ce stade de pré-nymphe, à mi-chemin entre la larve et la nymphe, dure 2 jours pour les femelles et 3 pour les mâles. C’est pendant cette période que s’effectue le passage de la position arquée de la larve à la position droite de la nymphe.

C’est pendant cette période que la larve va complètent se métamorphoser. L’intérieur de la nymphe va complètement se réorganiser pour construire un insecte parfait. Certains organes vont disparaître (histolyse), de nouveaux vont apparaître (histogenèse) et d’autres vont se modifier. Ces transformations se traduisent à l’extérieur par la formation des pattes, des ailes et des yeux. La cuticule va aussi foncer. Avec un peut d’habitude, ces éléments externes permettent d’évaluer l’âge d’une nymphe.

Une reine ne restera à l’état de nymphe que 5 jours, alors que l’ouvrière y restera pendant 10 jours et le mâle 11 jours. Grace à son régime exclusif de gelée royale pendant toute sa période larvaire la croissance de la reine est fulgurante.

    • Stade : L’ÉMERGENCE (sortie de l’imago de l’alvéole)

L’imago, c’est-à-dire l’insecte parfait (celui que nous voyons voler), découpe avec ses mandibules l’opercule qui ferme son alvéole. Après s’être laborieusement extrait de sa cellules la jeune abeille déploie ses antennes, défroisse ses ailes et doit laisser sécher ses poils. La cuticule ne trouvera sa rigidité finale qu’une bonne douzaine d’heures plus tard. Pendant cette période la jeune abeille ne peut pas utiliser son dard (le mâle n’en a pas). Son poids est d’environ 0.1 grammes pour une ouvrière, 0.2 g pour un mâle et presque 0.3 g pour la reine.


Les cellules royales

la cellule royale est orientée verticalement

Si vous découvrez une cellule royale (ce qui signifie que la colonie est en train de créer une nouvelle reine), vous devrez décider si vous voulez la garder ou non.

voir article "élevage de reine"

Notez qu’il y a peu de chance qu’une colonie, avec une reine forte et beaucoup d’espace, se mette à essaimer.

Les cellules de sauveté ou de remérage (supersédure) sont situées au centre du rayon toutes les autres  sont dites “cellules d’essaimage” car elles sont élevées par la colonies, non orpheline, afin de préparer la relève avant un essaimage: ces dernières sont de meilleure qualité.

 Cette différence entre cellule de sauveté et cellule d’essaimage est visible non pas à la grandeur des cellules, du moins pas toujours, mais à la quantité de gelée royale restante après la naissance de la reine. Lorsqu’il s’agit de cellule de sauveté, dès la naissance de la reine, il ne reste plus de gelée royale au fond de la cellule. Dans ce cas, on n’a jamais la certitude que la reine en a reçu en suffisance. Par contre, les cellules royales élaborées par une colonie en fièvre d’essaimage, contiennent encore de la gelée royale après naissance de la reine et seulement dans ce cas, on peut affirmer que la reine en a reçu en suffisance.
Cette différence se remarque aussi à la puissance de ponte. Une reine de sauveté possède moins d’ovarioles et peut avoir une ponte correcte la première année mais verra parfois celle-ci décroître rapidement dès la deuxième année de ponte écoulée. Une reine provenant d’une colonie en fièvre d’essaimage aura elle, une ponte correcte la quatrième voire la cinquième année de ponte.”

Différents types de cellules royales

Il existe 3 types de cellules royales. C’est souvent le nombre et la position des cellules royales sur un cadre qui permet d’identifier leur nature.

Une amusette, cupule royale non operculée.

Dans un premier temps, des “amusettes”, cupules non pondues sont construites sur les cadres. Ce ne sont pas encore des cellules royales. Elles sont à moitié construites et juste préparées pour être rapidement disponibles le jour où la colonie en aura besoin. Dés que la reine décide de préparer un essaimage, elle pond dans plusieurs de ces cupules, leur construction est alors complétée et les cellules seront operculées entre 7 et 8 jours après la ponte. La vieille reine pourra alors quitter sa ruche d’origine avec une partie de la colonie mais en laissant ses provisions pour les jeunes reines prêtes à éclore.

  • Cellules d’essaimage :
    les cellules royales créées avant un essaimage sont généralement nombreuses (une dizaine) et toutes suspendues au bas ou sur les côtés d’un cadre. Lorsqu’on voit des cellules royales pondues et operculées, c’est le signe que l’essaimage est proche (si la météo le permet).
    Si on souhaite diviser sa colonie, l’utilisation d’un cadre porteur d’une cellule d’essaimage est une très bonne solution car les reines créées lors d’essaimage sont de bonne qualité.

    Cellule d’essaimage

  • Cellules de supersédure :
    les cellules de supersédure sont moins nombreuses (2 à 5) et généralement disposées verticalement au milieu d’un cadre mais décollées du cadre. Elles sont créées par la colonie lorsqu’une reine est présente dans la colonie mais fait mal son travail (baisse de la ponte, baisse de la diffusion de phéromones royales).
  • Cellules de sauveté ou d’urgence :
    les cellules dédiées aux reines d’urgence sont peu nombreuses (1 à 3). Elles sont créées lors d’une disparition inopinée de la reine. Les reines d’urgence sont généralement élevées dans des cellules d’ouvrières rapidement agrandies. Elles sont donc disposées comme des alvéoles normales mais sont plus grosses et plus longues, ce qui les fait dépasser du cadre un peu plus qu’une cellule de mâle.

Cellules royales de sauveté

Tout au long de son développement, la larve royale sera nourrie exclusivement de gelée royale (sauf parfois pour les cellules d’urgence qui peuvent avoir reçu du pollen si aucune larve fraîche n’est disponible au moment où l’urgence survient). On a longtemps pensé que la composition de la gelée royale était ce qui permettait à certaines larves de devenir des reines mais c’est en fait l’absence d’alimentation en pollen qui permet le développement supérieur des organes génitaux.

Attention, les cellules royales ne doivent pas être secouées après l’operculation car c’est le moment où la larve devient nymphe. Elle est alors suspendue verticalement la tête en bas dans sa cellule et simplement maintenue par un fil fragile. Si on doit déplacer ces cellules, elles doivent toujours être transportées verticalement, et sans heurts.

Il y a quatre stades distinctifs dans l’évolution d’une Cellule Royale :

  • L’amorce

L’amorce n’est qu’un début de cellule en cire, mais qui ne contient ni œuf ni larve. Elle ressemble à une petite coupe ouverte et peut se retrouver un peu partout sur le cadre.

  • La cellule ouverte

La cellule ouverte a généralement entre 2 et 4 jours. Elle contient souvent de la gelée royale : cela signifie qu’un œuf y a déjà été déposé! Bientôt, les ouvrières viendront sceller cette cellule, afin que la larve se métamorphose en jeune reine vierge.

  • La cellule fermée

La cellule fermée abrite une jeune reine qui pourrait éclore à tout moment. Lorsqu’elle est construite au bas des cadres, elle ressemble drôlement à une petite arachide. Elle est beaucoup plus longue que les cellules de faux bourdons; avec un peu de pratique, vous pourrez bien les différencier.

  • La cellule émergée

La cellule émergée ressemble exactement à la cellule fermée, à l’exception qu’elle a été grugé sur le haut par la reine vierge qui s’y est développé, et s’y est extirpé au seizième jour. Les abeilles s’en débarrassent éventuellement, et ne réutilisent jamais la même cellule royale deux fois.


Les cellules vides

Durant la journée, beaucoup d’abeilles sortent de la ruche pour chercher de la nourriture mais, une fois la nuit tombée, elles se regroupent dans la ruche. S’il n’y a pas de cellules vides en bas du cadre, le message est clair : il n’y a plus assez d’espace et la colonie s’apprête à essaimer pour trouver un nouveau logement.

Entre le printemps et l’été, le nombre de cadres utilisés augmentera puisque la colonie s’agrandira. En revanche, la disposition des cellules sur les cadres restera la même.

On considère qu’au-delà de 20 % d’alvéoles vides sur une plaque de couvain, il y a un problème, soit sanitaire soit de consanguinité ou une reine trop âgée.


les cellules du cadre
les cellules du cadre

Fiches Annexes

Télécharger : Fiche Remèrage Rajout de cire gaufrée, dans la ruche

Sources :

  • http://trioapiculteurs.canalblog.com/archives/2013/08/01/27766602.html?fbclid=IwAR2faZtw83–BTOBjtpog0CiWBR6-RlDmxcbRnmN1T1jZx6rhIwlTpJ9r7o
  • https://www.omlet.fr/guide/abeilles/prendre_soin_de_vos_abeilles/cadres
  • https://www.apiculture.net/blog/notre-guide-pour-la-visite-de-printemps-n223
  • 4-stades-cellules-royales
  • https://www.rucherduclocherbleu.fr/2018/04/26/que-faisons-nous-lorsqu-on-voit-des-cellules-royales/
  • https://ruche.ooreka.fr/comprendre/recolte-du-miel
  • récolte de miel
  • https://www.rts.ch/decouverte/sciences-et-environnement/animaux-et-plantes/abeilles/8939757-miel-miellat-pollen-nectar-gelee-royale-qu-est-ce-exactement-notre-glossaire-apicole.html
  • http://abeille-tarnetgaronnaise.fr/Atg-V1/les-pollens/#.Wmr6OTueLxs
  • https://www.omlet.fr/guide/abeilles/prendre_soin_de_vos_abeilles/cadres/
  • http://acces.ens-lyon.fr/acces/thematiques/evolution/dossiers-thematiques/epigenetique/epigenetique-de-labeille/la-nutrition-des-larves
  • https://imkershop.nl/varroa-bestrijding/629-bee-vital-hive-clean.html
  • http://trioapiculteurs.canalblog.com/archives/2013/08/01/27766602.html
  • https://www.apiservices.biz/fr/articles/52-le-pas-a-pas-que-nous-enseigne-le-couvain
  • http://trioapiculteurs.canalblog.com/archives/2013/08/01/27766602.html
  • https://catoire-fantasque.be/cycle-de-developpement-abeilles/
  • http://abeille-reine-essaim.over-blog.com/pages/Nos_ancetres_nous_ont_montre_la_voie_a_suivre-3676468.html
  • https://www.apiculture-france.com/t15506-reines-de-sauvete-ou-reines-d-essaimage-quelles-differences
  • http://abeilleduforez.tetraconcept.com/dossiers-techniques/pratique-apicole/le-renouvellement-des-reines/
  • cycle de développement des abeilles

3 responses to “Identifier les différentes parties d’un rayon de couvain”

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